Les experts de l'ONU ont exhorté vendredi le gouvernement britannique à protéger la vie et les droits de huit détenus pro-palestiniens en grève de la faim depuis le 2 novembre.
« Gina Romero, Tlaleng Mofokeng, Cecilia M. Bailliet, George Katrougalos, Ben Saul, Irene Khan et Francesca Albanese, entre autres, ont exprimé leur « vive inquiétude » face à la situation de ces huit militants pro-palestiniens détenus au Royaume-Uni, qui observent une grève de la faim illimitée depuis près de deux mois », a indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme dans un communiqué.
Le communiqué souligne que l’état de santé des grévistes se serait « considérablement détérioré », faisant craindre un « risque critique » de complications graves.
« Le devoir de protection de l’État envers les grévistes de la faim est renforcé, et non diminué », ont rappelé les experts.
Les autorités doivent garantir un accès rapide aux soins d'urgence et hospitaliers lorsque cela est cliniquement indiqué, s'abstenir de toute action pouvant constituer une pression ou une mesure de représailles, et respecter la déontologie médicale. »
Les experts ont également réaffirmé le droit à la santé pour tous, exhortant les États à respecter l’autonomie individuelle tout en assurant un suivi médical continu et indépendant, et en prenant les mesures nécessaires pour protéger les vies et prévenir les dommages irréversibles, sans recourir à des mesures coercitives ou punitives.
Ils ont également exprimé leur vive inquiétude quant au traitement des grévistes de la faim en détention, évoquant des retards dans les soins médicaux, des contentions excessives lors des hospitalisations, le refus de tout contact avec les familles et les avocats, ainsi qu’un contrôle médical indépendant insuffisant.
« Ces rapports soulèvent de sérieuses questions quant au respect du droit international des droits de l’homme et des normes internationales, notamment l’obligation de protéger la vie et de prévenir les traitements cruels, inhumains ou dégradants », ont insisté les experts.
Le communiqué rappelle par ailleurs que des experts de l’ONU avaient déjà mis en garde le gouvernement britannique contre l’application de cadres antiterroristes aux manifestations politiques non terroristes, ainsi que contre la criminalisation des libertés protégées de réunion, d’association et d'expression et la répression de la dissidence politique légitime, y compris le plaidoyer en faveur de la Palestine.
« Les experts ont également exprimé leur vive inquiétude face à la définition excessive du terrorisme en droit britannique, à l’interdiction de l’organisation Palestine Action en vertu de la loi antiterroriste de 2000, ainsi qu’aux arrestations massives et aux poursuites pénales qui s’en sont suivies, notamment pour des infractions liées au terrorisme, visant des personnes soupçonnées de soutenir Palestine Action », précise le communiqué.
Les experts ont réaffirmé la nécessité de comprendre les grèves de la faim dans le contexte des « restrictions imposées à l’activisme pro-palestinien au Royaume-Uni ». Ils ont exhorté le gouvernement britannique à « garantir immédiatement » des soins de santé appropriés aux grévistes et à engager un « dialogue ainsi que des actions concrètes » afin de répondre aux revendications des manifestants et aux violations de leurs droits.
« Les décès évitables en détention sont inacceptables. L’État est pleinement responsable de la vie et du bien-être des personnes qu’il détient », ont-ils ajouté. « Il est urgent d’agir. »