La mobilisation des agriculteurs, opposés à la gestion gouvernementale de la dermatose touchant les bovins se maintient, majoritairement dans le Sud-Ouest, avec toujours quelques blocages et rassemblements prévus mercredi.
Des agriculteurs mobilisés depuis une dizaine de jours contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), épizootie touchant les bovins, ont annoncé préparer leur réveillon de Noël sur les quelques barrages toujours maintenus dans le Sud-Ouest. Les éleveurs continuent de s'opposer à l'abattage total et systématique des troupeaux infectés, alors que deux nouveaux cas de dermatose ont été détectés et confirmés ces derniers jours dans des élevages d'Occitanie.
Les éleveurs bloquent toujours plusieurs axes majeurs du Sud-Ouest.
Le coût des blocages menés par les agriculteurs en colère depuis environ dix jours dépasse 1 million d'euros dans les Pyrénées-Atlantiques, a annoncé mardi la préfecture, qui dénonce des rassemblements non déclarés et des « dégradations inacceptables », notamment sur l'autoroute A64. Ce chiffre intègre notamment le nettoyage et la remise en état des routes, les pertes des sociétés d'autoroutes, le recyclage des déchets déversés sur la voie publique ou encore la réparation de radars endommagés. Il ne prend en revanche pas en compte les impacts sur l'activité économique, comme par exemple le manque à gagner des stations de ski.
Sur le sujet de la dermatose, le Premier ministre Sébastien Lecornu recevra les syndicats agricoles le 5 janvier, a-t-il annoncé mardi soir dans une allocution. Sébastien Lecornu a aussi redit que « la position de la France est ferme » sur le traité avec le Mercosur auquel les agriculteurs sont opposés. « Aucun accord ne sera accepté s'il fragilise nos filières ou impose une concurrence déloyale. Le texte a évolué, mais le compte n'y est toujours pas », a réaffirmé le chef du gouvernement.
Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens. L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules et machines en Amérique du Sud. Reçus par Emmanuel Macron mardi pour parler de ce traité, les syndicats ont assuré avoir demandé au chef de l'État « des mesures structurelles fortes » pour « éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes ».