Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, affirme que la République islamique d’Iran ne fera aucun compromis sur les questions relatives à sa sécurité nationale et à ses « lignes rouges » dans d’éventuelles négociations avec les États-Unis.
Khatibzadeh a tenu ces propos lors d’un discours prononcé ce mardi 11 novembre à la 12e édition du Débat stratégique d’Abou Dhabi, où il a exposé les positions de l’Iran sur les évolutions régionales et internationales.
En réponse à une question sur la possibilité de négociations nucléaires avec Washington, Khatibzadeh a fait remarquer que les États-Unis avaient sapé les négociations précédentes par des « actions agressives » et un comportement contradictoire.
« En réalité, les États-Unis ont tout fait pour rendre toute négociation impossible par leurs mesures agressives contre l’Iran et les actions qui ont suivi », a déclaré Khatibzadeh.
« Compte tenu des actions de Washington contre l’Iran, nous ne sommes pas actuellement au stade des négociations », a-t-il ajouté.
Khatibzadeh a souligné que toute éventuelle négociation avec les États-Unis dans le futur se déroulerait sous la direction du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
« Toute négociation éventuelle à l’avenir ne sera possible que dans le cadre des directives du Leader, et quand les États-Unis auront abandonné leurs illusions », a-t-il déclaré.
Ailleurs dans son discours, Khatibzadeh a souligné que l’Iran ne cherche pas à se doter de l’arme nucléaire, affirmant que le programme nucléaire de Téhéran est pacifique et repose entièrement sur des capacités nationales.
« Les armes nucléaires n’ont aucune place dans le programme iranien », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Iran reste attaché aux principes du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP).
Il a toutefois reproché à Washington d’envoyer des « messages contradictoires » concernant les négociations nucléaires indirectes par l’intermédiaire de tierce partie.
« Un accord avec les États-Unis n’est possible que s’il existe un respect mutuel et des intentions sincères », a déclaré Khatibzadeh.
Les remarques de Khatibzadeh interviennent dans un contexte de blocage prolongé des négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis, perturbées par l’agression israélienne à la mi-juin, quelques jours seulement avant le sixième tour des négociations sous l’égide d’Oman.
L’agression a fait plus de mille morts, dont plusieurs hauts responsables et commandants militaires de la République islamique d’Iran, en plus de civils ordinaires.
Lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a exprimé des sentiments similaires, décrivant les relations de l’Iran avec les États-Unis comme étant définies par une « longue expérience historique ».
Il a rejeté les spéculations selon lesquelles Téhéran devrait prendre des « mesures audacieuses » unilatérales, déclarant : « Les États-Unis ont attaqué l’Iran, s’en vantent, puis prétendent être prêts à négocier. »
Baghaï a souligné que les propos du président américain Donald Trump selon lesquels il souhaite un accord avec l’Iran est contraire à la réalité, insistant sur le fait que les Américains prétendent vouloir négocier, mais qu’en réalité, ils ne le font pas.
Il a déclaré que ce comportement est trompeur, soulignant qu’en pratique, ils ont démontré à maintes reprises qu’« ils n’ont aucune bonne intention ni aucun sérieux à cet égard ».
Malgré les tensions, les responsables iraniens maintiennent que le pays continue de respecter ses obligations nucléaires au titre du TNP tout en défendant son enrichissement d’uranium.