L’annulation d’un colloque sur la Palestine par le Collège de France a suscité de vives critiques, tant dans le monde académique que dans les cercles politiques.
France Universités, une association qui regroupe les dirigeants d’université, a exprimé son « incompréhension » et sa « vive inquiétude » face à une décision qui « porte atteinte à la liberté académique ».
France Universités « a découvert avec stupeur l'annulation du colloque scientifique +La Palestine et l'Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines+ », a souligné cette association dans un communiqué, lundi 10 novembre.
Le Collège de France avait annulé dimanche ce colloque qui devait se tenir de jeudi à vendredi, co-organisé par l'historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d'études politiques de Paris (Carep Paris), « en réaction à la polémique entourant la tenue » de l'événement.
« Les universités doivent pouvoir continuer, à l’abri de toutes formes de pressions extérieures, à promouvoir des débats éclairés par des travaux de recherche scientifique », souligne France Universités.
Dans une lettre adressée à l'administrateur du Collège de France, Thomas Römer, rendue publique lundi, le sociologue et démographie François Héran, professeur honoraire au Collège de France, a également protesté contre cette décision.
Le principal syndicat de l'enseignement supérieur, le Snesup, a, lui, estimé dans un communiqué que ce colloque devait « impérativement se tenir ». « Faisant l’objet de pressions pour obtenir son annulation, le ministre de l’Enseignement supérieur (...) a choisi de céder », a-t-il déploré.
Les protestations ne se limitent pas au monde académique. À gauche, plusieurs élus de La France insoumise (LFI) ont critiqué cette annulation, et la cheffe de ses députés, Mathilde Panot, a écrit lundi une lettre à l'administrateur du Collège de France pour lui proposer « d'organiser ce colloque dans l'enceinte de l'Assemblée nationale ».
Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, avait estimé dimanche « inadmissible » cette annulation « après intervention du ministre de l'Enseignement supérieur ».