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Des manifestations éclatent au Liban contre le plan controversé de désarmement du Hezbollah

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des manifestants libanais protestent contre la décision du gouvernement de mettre en œuvre une proposition américaine visant à désarmer les mouvements de résistance anti-israéliens, le 7 août 2025. (X)

Au Liban, des manifestants sont descendus dans la rue jeudi soir pour protester contre la décision controversée du gouvernement de mettre en œuvre une proposition américaine visant à désarmer les mouvements de résistance anti-israéliens.

En voiture, en mobylette ou à pied, les manifestants ont sillonné les rues dans plusieurs villes, notamment à Beyrouth, dans le sud du Liban et dans la région orientale de la Bekaa, pour défendre le Hezbollah, exigeant du gouvernement l’annulation de cette décision qu’ils estiment compromettante pour la défense nationale face à l’agression israélienne. Pour eux, le désarmement du Hezbollah équivaut à rendre le Sud-Liban sans défense face aux attaques israéliennes incessantes.

En réponse à la décision de le désarmer, le mouvement de résistance libanais a accusé, mercredi, le gouvernement de commettre un « péché grave » et affirmé qu’il ne tiendrait pas compte de cette décision. Jeudi, le bloc parlementaire du mouvement a appelé le gouvernement à « corriger la situation dans laquelle il s’est mis, ainsi que le Liban, en acceptant les exigences américaines qui servent inévitablement les intérêts de l’ennemi sioniste ».

Cette décision « sape la souveraineté du Liban et laisse les mains libres à Israël pour porter atteinte à sa sécurité, à sa géographie, à sa politique et à son existence », a considéré le mouvement.

En effet, le régime d’Israël qui, malgré le cessez-le-feu, poursuit ses bombardements au Liban, prétendant cibler le Hezbollah, a menacé d’intensifier ses attaques militaires si le mouvement n’est pas désarmé. D’ailleurs dans la seule journée de jeudi, les frappes israéliennes ont tué au moins six personnes dans l’est du Liban.

Dans ce droit fil, le gouvernement s’est réuni jeudi pour l’examen d’un mémorandum apporté par l’émissaire américain, Tom Barrack, incluant un calendrier de désarmement. Lors de la réunion, quatre ministres, dont deux sont affiliés au Hezbollah, un au mouvement Amal, et un est indépendant, se sont retirés avant la fin de la séance pour protester contre la décision de désarmer le mouvement de résistance, rapporte la chaîne d’information Al-Manar.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a cependant annoncé que les ministres avaient approuvé les « objectifs » de la proposition américaine, qui limiterait la possession d’armes à l’État.

Le chef adjoint du Conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Komati, a fustigé la décision du gouvernement, la qualifiant de capitulation face aux intérêts israéliens et américains, indiquant qu’un État ne devrait pas démolir la résistance sur son propre territoire lorsqu’il est occupé.

Le gouvernement libanais prévoit de mettre en œuvre la proposition en restreignant l’usage des armes à six seules forces officielles d’ici la fin de 2025.

En réaction aux demandes de certains responsables politiques libanais de désarmer le Hezbollah, le secrétaire général du mouvement, Cheikh Naïm Qassem, a rejeté mardi les appels au désarmement de la Résistance libanaise, exhortant le gouvernement à donner la priorité à la lutte contre l’agression israélienne, qui perdure depuis des décennies et qui est à l’origine des problèmes du Liban.

Cheikh Qassem a souligné que la résistance est une question d’engagement nécessitant un consensus national, et non des décisions unilatérales.

« La résistance est la pierre angulaire de l’accord de Taëf de 1989, qui a mis fin à des années de guerre civile », a-t-il fait remarquer.

Il a exhorté le gouvernement libanais à se concentrer sur la lutte contre l’agression israélienne plutôt que sur le désarmement de la Résistance, avant de dénoncer les pressions extérieures exercées par les États-Unis et certains États arabes.

Pour rappel, le Hezbollah a été créé en 1982 avec pour mandat de défendre le pays face au régime de Tel-Aviv, qui occupe les fermes de Chebaa, à la frontière commune avec la Syrie, depuis 1967, ainsi qu’à l’expansionnisme régional croissant du régime.

Depuis lors, le régime sioniste et les États-Unis, son allié principal, exercent une pression croissante sur le pays pour éliminer ce mouvement.

La pression s’est accrue depuis 2023, après que le Hezbollah a lancé des opérations de solidarité en soutien à la bande de Gaza, en proie à une guerre génocidaire israélienne.

Elle s’est rapidement transformée en une agression israélienne massivement soutenue par Washington contre le pays, qui a coûté la vie à plus de 4 000 personnes.

Le Hezbollah lui-même s’est engagé à continuer de défendre le pays, comme il l’a fait avec succès tout au long de l’escalade des tensions et des deux guerres israéliennes à grande échelle survenues dans les années 2000. Le mouvement de résistance a mis en garde que tout recul face aux pressions servirait les ambitions expansionnistes du régime.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV