Le coordinateur des secours d'urgence de l'ONU, Tom Fletcher, a vivement dénoncé la décision d'Israël de suspendre l'aide à Gaza, la qualifiant d'« alarmante ».
Dans un message publié sur les réseaux sociaux dimanche, il a rappelé que « le droit international stipule clairement que l’aide humanitaire doit être autorisée à entrer dans la bande de Gaza ».
Plusieurs agences de l’ONU et experts des droits de l'homme ont averti que ce blocus constitue une violation flagrante du droit international et un acte d'inhumanité.
Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a souligné que l’arrêt total de l’entrée de l’aide par Israël aurait des conséquences dévastatrices pour plus de deux millions de civils, déjà confrontés à la famine et à une privation extrême.
« L’aide humanitaire n’est pas un privilège, c’est un droit », a déclaré Angelita Caredda, directrice régionale du NRC pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
«Les habitants de Gaza sont déjà confrontés à des conditions de vie désespérées. Les réserves de nourriture s’épuisent, les hôpitaux ne peuvent pas fonctionner et les familles ont du mal à trouver de l’eau potable. Toute restriction de l’aide humanitaire risque d’entraîner un effondrement total de la population civile. »
Par ailleurs, Jeremy Corbyn, ancien chef du Parti travailliste britannique (2015-2020), a déclaré que les actions d'Israël étaient une « reprise du génocide », ajoutant que le gouvernement britannique était « complice ».
Israel has chosen to mark the first days of Ramadan by blocking humanitarian aid to Gaza.
— Jeremy Corbyn (@jeremycorbyn) March 2, 2025
Still, our government refuses to implement sanctions and defend international law.
There is no other way of putting it: this is a resumption of genocide — and our government is complicit.
Pendant ce temps, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a vivement condamné Israël pour avoir utilisé l’aide humanitaire comme « monnaie d’échange ».
La décision est « scandaleuse et aura des conséquences dévastatrices », a déclaré la coordonnatrice d'urgence du groupe, Caroline Seguin.
« L’aide humanitaire ne devrait jamais être utilisée comme une arme de guerre », a ajouté l’organisation caritative médicale internationale.
« Indépendamment des négociations entre les parties belligérantes, la population de Gaza a un besoin urgent et massif de fournitures humanitaires. »
Ces réactions surviennent après qu’Israël a bloqué l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza à l’issue de la première phase du cessez-le-feu, sans accord sur une deuxième phase.
Israel’s decision to halt aid into Gaza is alarming.
— Tom Fletcher (@UNReliefChief) March 2, 2025
International humanitarian law is clear: We must be allowed access to deliver vital lifesaving aid.
We can’t roll back the progress of the past 42 days. We need to get aid in and the hostages out.
The ceasefire must hold.
Des dizaines de camions transportant de l'aide aux Palestiniens restent bloqués à la frontière de Rafah en Égypte après qu'Israël a bloqué l'entrée à Gaza.
Le régime israélien a violé de manière systématique et répétée l’accord de cessez-le-feu, notamment en bloquant l’entrée de tentes, de mobil-homes et d’articles de première nécessité.
La première phase de l’accord s’est achevée sans avancée significative, malgré les négociations menées au Caire.
Le cessez-le-feu comprend trois phases de six semaines visant à soutenir les efforts humanitaires, libérer les captifs et retirer les troupes israéliennes.
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Bien que des échanges aient eu lieu, l'impasse des négociations et la poursuite des violations israéliennes menacent la trêve et intensifient les hostilités.
Le mouvement de résistance palestinien Hamas a dénoncé cette décision israélienne, la qualifiant de « crime de guerre » contre le territoire assiégé.
De son côté, le Jihad islamique de la Palestine (JIP) a affirmé que les groupes de résistance s'engagent à respecter l'accord de cessez-le-feu basé sur trois phases, tout en accusant Israël d'avoir saboté le cessez-le-feu et d’en porter l’entière responsabilité.