Selon les informations diffusées par les médias israéliens, les colons de la ville portuaire stratégique de Haïfa, située dans le nord des territoires occupés, expriment une inquiétude croissante face aux possibles représailles de l'Iran et du Hezbollah libanais. Cette anxiété est alimentée par les récents assassinats de hauts responsables de la Résistance par le régime israélien.
Le journal israélien Haaretz a rapporté que, les colons israéliens de Haïfa, en particulier ceux vivant à proximité des installations pétrochimiques, exprimaient une très grande inquiétude.
Ils craignent que ces usines, indique le rapport, qui abritent des substances potentiellement dangereuses, ne deviennent des cibles pour des attaques de l'Iran et du Hezbollah.
Selon le journal, la situation qui a perturbé le sommeil de nombreux habitants de Haïfa est liée aux « attaques visant les installations pétrochimiques, notamment les raffineries de pétrole, où se trouvent d'importantes quantités de substances dangereuses ».
Un colon israélien de Haïfa a exprimé au journal sa vive inquiétude concernant un incident impliquant des substances dangereuses. « Nous nous trouvons dans une position précaire, semblable à celle d'un baril d'explosifs. Nous avons très peur de ce qui pourrait arriver ici », a-t-il raconté.
Se référant à une étude menée en 2022 par le ministère de la Protection de l'environnement du régime israélien, le journal Haaretz a rapporté qu'une portion de cette recherche atteste de l'existence de « 1 500 sources de danger et 800 catégories de substances nocives dans la baie de Haïfa ».
L'étude met en évidence qu'il y a de nombreuses entreprises manipulant des substances dangereuses, ainsi qu'une installation de production de gaz, toutes localisées dans la même région.
Haaretz a souligné que les préoccupations des habitants de Haïfa ne se limitaient pas uniquement à l'industrie pétrochimique. En effet, certains résidents s'inquiéteraient des impacts potentiels sur les bâtiments résidentiels et sur certains quartiers qui ne disposent que d'une unique voie d'accès, qu'ils qualifient de zones assiégées.
Cette inquiétude est d'autant plus accentuée par la proximité de nombreuses installations militaires avec les zones d'habitation. En effet, les résidents craignent que des dommages puissent être causés aux infrastructures, ce qui pourrait compromettre leur sécurité et leur qualité de vie.
Le journal israélien Yediot Ahronoth a également indiqué que, l'armée israélienne pourrait faire face à un scénario particulièrement préoccupant, caractérisé par une « offensive rapide et coordonnée de la part de l'Iran et du Liban ».
Le quotidien a mis en avant que la réponse du Hezbollah « sera forte, mais se focalisera sur des objectifs militaires situés au nord, en portant peut-être une attention particulière à la zone de Haïfa, où se trouvent plusieurs bases de l’armée israélienne ainsi que des infrastructures stratégiques ».
Le journal a identifié plusieurs lieux stratégiques, notamment la Knesset, le bureau et la résidence du Premier ministre, ainsi que le ministère de la Guerre à Tel-Aviv. De plus, il a évoqué les bases de l'armée de l'air, les sites d'espionnage, ainsi que les sièges du Mossad et du Shin Bet comme étant des objectifs envisageables pour des attaques de la part de l'Iran et du Hezbollah.
Dans son allocution de mardi, le Secrétaire général du Hezbollah libanais, Seyyed Hassan Nasrallah, a affirmé que « Haïfa pourrait constituer l'une des cibles prioritaires que le Hezbollah envisagerait d'attaquer en représailles à l'assassinat de Fouad Chokr à Beyrouth ».
Les déclarations de Nasrallah surviennent quelques jours après la mort en martyr de Fouad Chokr, un haut commandant militaire du Hezbollah. L’assassinat a eu lieu lorsque des drones israéliens ont lancé trois missiles sur la région entourant le Conseil de la Choura du Hezbollah, situé dans le quartier de Haret Hreik, le 30 juillet.
Moins de vingt-quatre heures après l'assassinat de Chokr à Beyrouth, Israël a assassiné le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, dans la capitale iranienne, Téhéran. Ces actions violentes et ciblées ont conduit la région à une situation de tension extrême, avec l'Iran et le Hezbollah qui ont annoncé des représailles sévères à venir contre le régime israélien.
Le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a mis en garde le régime israélien contre une « réponse dure » et a déclaré qu'il était du devoir de la République islamique de venger le sang du chef du bureau politique du Hamas.
« Le régime sioniste criminel et terroriste a tué en martyr notre cher invité sur notre territoire et il a causé notre chagrin, mais il a également préparé le terrain pour une punition sévère pour lui-même », a indiqué le Leader.