TV
Infos   /   A La Une   /   Europe   /   France   /   L’INFO EN CONTINU

France: une explosion du déficit public qui met la majorité dans l'embarras

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Une explosion du déficit public en France met la majorité dans l'embarras. (Illustration)

Bercy avait préparé les esprits au début du mois, en annonçant que le déficit dépasserait « significativement » la prévision du gouvernement. Après plusieurs semaines d’incertitude, le déficit budgétaire de la France pour l’année 2023 s’élève finalement à 5,5%.

Le couperet de l'Insee est tombé ce mardi 26 mars. Le déficit public dérape finalement à 5,5% du PIB en 2023 au lieu de 4,9%. Ces chiffres étaient très attendus, et viennent confirmer les inquiétudes qui montaient depuis plusieurs jours.

Il faut dire que ce niveau de déficit public place la France, troisième pays le plus endetté de la zone euro ; parmi les mauvais élèves de l’Union européenne.

La nouvelle, très mauvaise pour Bercy, éloigne toujours un peu plus la France de son objectif de repasser sous la barre des 3 % de déficit avant 2027, une ligne que le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a promis vendredi dernier de tenir « coûte que coûte ».

« Ce n'est pas une bonne nouvelle, faut pas se cacher derrière son petit doigt, estime le député Renaissance, Pierre Cazeneuve. Évidemment, quand on est à 0,6 point de notre objectif de réduction du déficit, évidemment que c'est inquiétant, ça veut dire que la marche à poursuivre est encore longue. Malheureusement, c'est dû aussi à des facteurs macro-économiques qui sont difficiles à anticiper. »

Son collègue député insoumis Éric Coquerel, qui préside la commission des Finances, est également préoccupé, mais par les pistes évoquées par le gouvernement pour redresser la trajectoire des finances publiques.

Pour le RN, le constat est le même et il est sans appel. « Tant d'erreurs et d'incompétences, moi je pense à tous ceux qui ont fait confiance à cet incapable de Bruno Le Maire et qui réalisent aujourd'hui que Bercy est entre les mains d'une personne malhonnête et incompétente », lance le parlementaire Jean-Philippe Tanguy.

« Ça va être très difficile à atteindre », met en garde auprès de l’AFP l’économiste Mathieu Plane, car « la marche d’escalier pour revenir sous les 3 % sera d’autant plus haute » que le déficit 2023 sera élevé. C’était pourquoi le chiffre publié par l’Insee était tant attendu, car chaque décimale compte. « Pour faire simple, chaque 0,1 point » de PIB de déficit supplémentaire en 2023 « représente environ 3 milliards » d’euros manquant dans les caisses de l’État, explique l’économiste.

Les règles budgétaires de l’Union européenne ont certes été assouplies en ce début d’année 2024, avec une renégociation du Pacte de stabilité et de croissance qui était en place depuis 1997 et la fin de la règle des 3 % de déficit public et 60 % de dette publique. Mais cette annonce place la France toujours plus en opposition aux pays dits « frugaux », comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore le Danemark, partisans d’une rigueur budgétaire bien plus stricte au sein de l’UE.

Lire aussi: La Grande-Bretagne connaît la plus forte augmentation de la « pauvreté absolue » depuis 30 ans

D’autant plus que les autres chiffres pour les prochaines années glanés par le sénateur Jean-François Husson à Bercy ne poussent pas vraiment à l’optimisme, en tablant sur un déficit à 5,7 % en 2024 (contre 4,4 % actuellement prévu) et à 5,9 % en 2025 (contre 3,7 %). « Ce ne sont pas des prévisions, mais des notes techniques qui n’intègrent pas nécessairement des mesures supplémentaires, ni la révision d’un certain nombre d’indicateurs macroéconomiques qui fluctuent dans le temps », a tenu à rassurer auprès de l’AFP le député Jean-René Cazeneuve, rapporteur général du Budget à l’Assemblée nationale toutes ces dernières années à l’Assemblée nationale. Admettant néanmoins un « décrochage très significatif par rapport à ce qui était prévu » et une situation qui « inquiète ».

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV