Les titres de la rédaction :
Les analyses de la rédaction :
1. Quand Macron s’arroge le droit de déstabiliser l’Afrique
Dans le cadre du sommet pour un nouveau pacte financier mondial pour l’Afrique, à l’initiative de la France, Emmanuel Macron n’a pas loupé une nouvelle occasion de dire l’essoufflement de la France et des autres puissances qui encensent la guerre en Ukraine; et sous un angle nouveau. Alors que le président français tente de trouver une meilleure approche pour les pactes commerciaux avec le continent africain, il met en garde contre la posture de Moscou à leur égard. Emmanuel Macron accuse la Russie d’être une “puissance de déstabilisation de l’Afrique”
C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a qualifié la Russie, vendredi 23 juin, lors d’un entretien sur franceinfo, RFI et France 24 en marge du sommet de Paris. Il évoquait notamment “des milices privées qui viennent faire de la prédation, des exactions sur les populations civiles”, rappelant que “cela a été documenté par les Nations unies en République Centrafricaine à travers la milice Wagner”, pour reprendre les propos du président français qui ajoute que “la Russie s’est mise de son propre chef dans une situation qui est de ne plus respecter le droit international, de redevenir au fond l’une des seules puissances coloniales du XXIe siècle, en menant une guerre d’empire auprès de son voisin, l’Ukraine”.
Le porte-parole de la présidence russe a balayé ces accusations, affirmant que la Russie développe avec les pays africains “des relations amicales, constructives, basées sur le respect mutuel”. Une sortie éclairée en effet. Lorsqu’on considère le long passé commun de la France avec les pays africains on est tenté de se demander s’il y a déjà eu un brin de mutualité dans la collaboration. Oui effectivement ce n’est que la France qui a le droit de déstabiliser l’Afrique !
Pour lui il semble évident que la Francafrique était essentiellement humaniste et désintéressée, comme le sont les compagnies pétrolières françaises ou celles d’exploitation de l’Uranium depuis que la France s’est coupée de l’approvisionnement russe en privilégiant des choix politiques par rapport à la nécessité de stabilité économique de la France, conflit ukrainien oblige ! Il ferait mieux de réfléchir avant de dire n’importe quoi ! Cela devient pathologique de vouloir occuper sans cesse le devant de la scène !
Comment qualifier l’Europe vis-à-vis de l’Afrique lorsqu’on se rappelle qu’au nom des pays en développement, des réserves de blés avaient été sollicitées pour leur venir en aide, mais que 80% des stocks étaient réceptionnés plutôt en Europe. La France a longtemps spolié l’Afrique lui imposant sa culture, ses valeurs, sa vision du monde.
Le dernier cas le plus frappant en date c’est le cas de cette France qui a été honteusement refoulée au Cameroun pour avoir voulu entamer la promotion des pratiques homosexuelles par Jacques Berthon, l’ambassadeur de la France pour les droits des personnes LGBT. Le renvoi de l’émissaire a été l’occasion d’un vent d’indignation qui laissait bien entendre que la France devra cesser de considérer l’Afrique comme sa chasse gardée ou son terrain d’expérimentation. C’est qui le déstabilisateur ?
2. Mali: l’État réaffirme sa souveraineté dans le code minier
Dans sa session du mercredi 21 juin, au chapitre des mesures législatives et règlementaires, le Conseil des Ministres a adopté des projets de loi portant Code minier en République du Mali et celui relatif au contenu local dans le secteur minier. C’était sur le rapport du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau.
Ces projets de loi sont adoptés afin d’apporter des solutions aux insuffisances relevées, selon le communiqué du Conseil des ministres. En effet, la Réforme du secteur minier est une des fortes recommandations des Assises nationales de la Refondation. Ainsi, elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des 3 principes édictés par le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta et qui gouvernent l’action publique. A savoir, le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix stratégiques et des partenaires opérés par le Mali ; et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises.
Dans le but de faire profiter les potentialités minières et énergétiques à l’ensemble de la population, peut-on lire dans ce communiqué, le gouvernement a engagé une série de réformes dans le secteur minier. C’est ce qui a donné l’adoption successive des Codes miniers de 1963, 1970, 1991, 1999, 2012 et 2019. Et dans cette lignée, l’Ordonnance n°2019-022/P-RM du 27 septembre 2019 a apporté plusieurs innovations.
En dépit de ces innovations, il est apparu des insuffisances de fond pour une amélioration substantielle de la contribution du secteur minier à l’essor économique et social.
Ces insuffisances portent essentiellement sur : la faible intégration de l’activité minière à l’économie nationale malgré le contexte favorable marqué par la hausse du cours de l’or ; le manque d’ «inclusivité » dans la signature des Conventions d’établissement et l’approbation des avenants introduits par les sociétés minières ; l’insuffisance des moyens de contrôle de l’Etat sur l’exploitation minière ; les procédures d’ouvertures de comptes offshores ; la non prise en compte dans la législation minière du traitement de minerai par péage ; les contraintes liées à un système de convention d’établissement unique qui couvre la phase de recherche et la phase d’exploitation ; les prises d’engagements par l’Etat sur l’exploitation avant même la découverte du gisement et la faiblesse des textes nationaux par rapport au contenu local.
Outre, que ces projets de loi réaffirment la souveraineté de l’Etat sur les ressources minérales à travers entre autres, de la réorganisation du régime des titres miniers ; la réforme du régime fiscal et financier pour mieux prendre en charge les questions liées au traitement par péage, à la règlementation de charges, à la participation de l’Etat, à l’utilisation des ressources humaines et matérielles locales, au transfert des technologies, à la sous-traitance des entreprises locales ; et l’utilisation des services et produits locaux ainsi que la création de valeurs additionnelles mesurables à l’économie locale. Des nouveaux chantiers pour la réorganisation du secteur minier au Mali.
3. Burkina Faso : « Certaines ONG alimentent même le terrorisme »
« Certaines ONG alimentent même le terrorisme ». C’est le constat qu’a fait le Premier ministre, Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla. Il s’exprimait au cours d’une rencontre sans langue de bois, avec une délégation d’Oxfam international, ce mercredi 21 juin 2023.
Au cours de son audience accordée à une délégation de l’ONG Oxfam international, conduite par son directeur exécutif par intérim, Amitabh Behar, le Premier ministre, Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla s’est voulu franc avec ses interlocuteurs. « Le constat est fait que certaines ONG sont infiltrées par des agents de renseignement occidentaux. Certaines ONG alimentent même le terrorisme », dénonce-t-il.
Pour le chef du gouvernement, Il y a beaucoup de choses que les gens ignorent mais qui ne sont aucunement un secret pour l’État. « Les terroristes tuent les populations aux mains nues. Avant de s’adonner à l’agriculture, il faut être en vie. L’application du protocole de Maputo n’est pas notre priorité », a-t-il souligné à ses hôtes. Avant de rappeler que la priorité de la Transition, n’est que la reconquête du territoire national et la sauvegarde de la vie des populations.
Pour ce faire, le Premier ministre burkinabé dit avoir besoin de ressources financières afin de se procurer des armes et des munitions pour mettre fin à la guerre. « Quand nous serons en paix, nous pourrons même mettre plus de 30% de notre budget au niveau de l’agriculture. Même si nous accordons un grand intérêt au secteur agricole, l’application du protocole de Maputo ne saurait nous aider à préserver les vies humaines qui sont lâchement tuées par des terroristes sans foi ni loi », insiste-il.
Avec conviction, le Premier ministre fait cette déclaration : « Nous sommes dans un combat et nous allons le gagner coûte que coûte. Nous sommes déterminés à préserver la vie de nos populations. Notre victoire est certaine ».
Dans cette dynamique, le chef du gouvernement a souhaité qu’Oxfam international puisse plutôt aider à arrêter le conflit, en attaquant le mal à la racine. « C’est en cela que nous reconnaissons nos vrais amis », a-t-il mentionné au passage.
Du point de vue de Me Apollinaire Kyélèm de Tambèla, les vrais amis du Burkina Faso sont ceux qui l’aident à mettre fin au conflit, et non ceux qui l’alimentent et viennent ensuite prétendre vouloir aider les survivants.
Le Burkina Faso veut de l’aide, mais à condition que ce soit vraiment de l’aide, précise le Premier ministre.