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Et si face à l'obstination US, le "nucléaire" iranien se mettait à se proliférer?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le réacteur nucléaire de Natanz (illustration)

A peine quelques heures après la spectaculaire frappe de la Résistance contre la colonie pétrolière anglo-saxonne sur le côte est de l'Arabie saoudite, l’AIEA a fait état ce lundi 8 mars dans son dernier rapport que l’Iran a lancé l’enrichissement de l’uranium à l’aide d’une troisième cascade de centrifugeuses sophistiquées dans le site nucléaire de Natanz. Le département d’État ne s'est gardé de réagir en répétant la vraie-fausse demande de Joe Biden pour négocier avec l’Iran, une demande qui reprend mot-à-mot celle que cette même Amérique désormais perdante dans la guerre au Yémen formule à l'adresse d'Ansarallah, à savoir "négocier tout en maintenant la pression, façon de tuer le temps, d'entraîner l'adversaire dans un engrenage vertigineux dialogue de sourds, d'épuiser sa force puis revenir au point de départ. Mais à ce jeu, l'Iran ne jouera plus jamais son exigence étant désormais une levée totale des sanctions et que ce ce soit bien palpable. 

« Nous avons avancé notre proposition qui pourrait se réaliser de façon juste dans le cadre des négociations effectuées avec les 5+1 mais la partie iranienne a donné, jusqu’à présent, des réponses contradictoires. Nous attendons une proposition constructive de la part de l’Iran. », a risqué ce matin le Département d'Etat alors même que des milliers d'Américains et de Britanniques se sentent désormais bien inquiets à l'idée de travailler à l'Aramco  et qu'en Irak, les troupes américaines craignent une reprise des tirs de roquettes contre leurs bases et leurs convois 24 heures après le départ du Pape. 

Après la diffusion du nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur le nucléaire iranien, le département d’État américain a de nouveau prétendu que « la patience des USA avait des limites ».

 

Les déclarations des responsables américains interviennent après que l’AIEA a annoncé lundi soir que « l’Iran a commencé à enrichir de l’uranium sur son site souterrain de Natanz à l’aide d’une troisième cascade de centrifugeuses perfectionnées de type IR-2m ».

L'Iran a commencé en effet à charger en UF6 (hexafluorure d’uranium) naturel une troisième cascade de 174 centrifugeuses IR-2m. Une quatrième cascade de 174 autres centrifugeuses IR-2m a été installée à Natanz mais n’a pas été chargée, tandis qu’une cinquième cascade est en cours d’installation. Et tout ceci alors même que l’Iran a annoncé, le 23 février, son retrait du protocole additionnel du TNP conformément au projet de loi adopté par le Parlement en raison du maintien des sanctions.

 Le gouvernement et l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) ont dû suspendre le protocole additionnel en raison du maintien, à ce jour, des sanctions économiques, conformément à l'article 6 de la loi adoptée par le parlement iranien, geste qui engage 'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à réduire le contrôle des installations nucléaires en Iran. La veille, le Représentant permanent de l'Iran auprès des Nations Unies, Kazem Gharibabadi, avait annoncé avoir officiellement notifié l'AIEA de son intention de se retirer du protocole additionnel appliqué dans le cadre du TNP et ce, à partir du 23 février.

 

Le Parlement iranien a approuvé, en décembre, un projet de loi visant à accélérer les activités nucléaires et à restreindre les inspections des installations nucléaires. La loi oblige l'OIEA à porter l'enrichissement de l'uranium à au moins 20% et à augmenter son stock d'uranium faiblement enrichi. L’Iran a à maintes reprises averti les parties européennes qu’en cas de manquement de ces dernières envers leurs engagements dans le cadre du Plan global d’action conjoint, l’Iran lui aussi réduirait ses engagements nucléaires.

Mais est-ce un Chiken game "nucléaire" qui s'est engagé entre USA/Iran? Rien n'est moins sûr. Les Américains risquent gros s'ils continuent à s'obstiner, vu que l'Iran a déjà annoncé son intention à enrichir à 60 pourcent. Mais il y a plus: les sanctions US ont aidé paradoxalement l'Iran à planifier et mettre au point un mécanisme anti sanction qui l'a conduit en mai 2020 à établir un corridor maritime énergétique reliant le golfe Persique aux Caraïbes. Il s'agit d'un corridor qui a aussi intégrer des grands pays africains, comme le Sénégal, ou encore le Gabon et qui commence réellement à inquiéter les USA. Le "chiken game" nucléaire US/Iran risque d'avoir le même effet.

Interviewé par un journal israélien, le chef auto-proclamé et malheureux de l'opposition vénézuélienne, Guaido, a accusé  vendredi "le régime Maduro" d'avoir transmis de l'uranium à l'Iran. L'accusation est certes à vérifier venu de Guaido n'empêche que l'expérience a bien prouvé que la Résistance ne reculera jamais devant les puissances maximalistes. l'essence, les magasins et les drones iraniens ont déjà trouvé le chemin du Venezuela, rien ne dit que le premier réacteur nucléaire vénézuélienne ne serait pas de fabrication iranienne.  Même dans des dossiers aussi délicat que le nucléaire, c'est le langage de la force qui prime face aux Etats-Unis. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV