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En Cisjordanie, Israël laissera des plumes...

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. (Photo d'archives)

En décidant d’annexer des parties de la Cisjordanie aux territoires occupés, Netanyahu a mordu plus qu’il ne peut mâcher, a-t-on appris d’un journaliste de News Week.

Marc Schulman, journaliste du site d’actualité américain News Week, a indiqué dans un article publié vendredi 12 juin que l’ambassadeur des États-Unis à Tel-Aviv, David Friedman, devrait participer à une réunion entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre des Affaires militaires Benny Gantz et le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi ce dimanche 14 juin.

« Le but de la réunion est de résoudre les divergences de vues entre Netanyahu et Gantz/Ashkenazi sur la question des annexions unilatérales d’une partie de la Cisjordanie proposées par Israël », a-t-il ajouté.

Marc Schulman continue : « Cela sera la deuxième fois que Friedman s’ingère tout directement dans les affaires intérieures d’Israël. Conformément à l’accord de coalition, signé par le parti de Gantz, Blue and White a accepté de respecter la partie du Deal du siècle de Donald Trump qui comprend l’annexion. Il convient de noter que le plan de Trump prévoit également la création d’un État palestinien. Gantz et Ashkenazi soutiennent le plan de Trump dans son entièreté et s’opposent à toute action unilatérale. D’autre part, l’administration Trump semble être divisée à ce sujet. Or, Friedman compte parmi ceux qui sont pour l’annexion sans considérer toute possibilité de faire la paix avec les Palestiniens. Même avec l’approbation de l’administration Trump, l’annexion unilatérale de la Cisjordanie serait problématique. L’annexion unilatérale n’est même pas si populaire parmi le grand public israélien. Lorsqu’on lui a demandé par la chaîne israélienne Channel 12 News : “Quelle est la question la plus essentielle pour le gouvernement israélien ?” 69 % des Israéliens ont dit : “l’économie” ; 15 % ont répondu “le coronavirus”, 4 % ont cité “la lutte d’Israël avec l’Iran” et 4 % ont répondu “annexer des parties de la Cisjordanie”.

Lorsqu’on leur a demandé directement s’ils étaient ou non en faveur de l’annexion, 46 % ont répondu qu’ils n’approuvaient pas, 34 % ont dit qu’ils étaient favorables tandis que 20 % ont dit qu’ils ne savaient pas ».

« Pour beaucoup, l’annexion sapera la solution à deux États. De nombreux anciens dirigeants militaires et politiques israéliens ont tous déclaré que l’annexion serait coûteuse et n’apporterait à Israël aucun avantage en matière de sécurité », a expliqué l’auteur américain.

Il continue : « La perspective d’une éventuelle annexion unilatérale israélienne est encore moins populaire à l’étranger. Plus tôt cette semaine, en pleine crise de coronavirus, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a effectué une visite d’une journée à Qods pour informer Israël des conséquences négatives d’une annexion unilatérale. Jeudi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a déclaré que l’annexion était une voie vers l’apartheid institutionnalisé en Palestine, et ce n’est pas une recette pour la paix. Vendredi matin, l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington a rédigé une note pour le quotidien israélien Yediot Aharonot avertissant qu’Israël devait choisir entre la poursuite de la normalisation avec le monde arabe ou l’annexion unilatérale ».

L’article de News Week rappelle ensuite comment l’Autorité autonome palestinienne a déjà interrompu sa coopération en matière de sécurité avec Israël et a mis en garde contre une réponse plus dure en cas d’annexion.

« Un grand groupe d’avocats internationaux a envoyé une lettre cinglante informant Israël qu’une “telle action constituerait la violation flagrante des règles fondamentales du droit international et constituerait également une menace sérieuse pour la stabilité internationale dans une région instable”. Même de la part de la communauté juive généralement solidaire aux États-Unis, il y a eu des appels pour qu’Israël n’agisse pas. La JTA (Jewish Telegraphic Agency) a indiqué que l’AIPAC a pris la mesure inhabituelle d’informer les législateurs qu’ils n’ont aucun problème avec les fonctionnaires critiquant l’annexion. Les législateurs démocrates, dont la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden, se sont prononcés définitivement contre cette action ».

Marc Schulman continue : « De plus, personne ne parle actuellement de la Cisjordanie ou des colonies, alors pourquoi Israël en parle-t-il ? Pourquoi secouer le bateau au milieu de l’une des plus grandes crises économiques et sanitaires d’Israël (et du monde) ? »

Et d’ajouter : « Puisque les chances de réélection de Trump semblant de plus en plus douteuses, le délai d’action pour l’annexion pourrait être très limité. Certains disent que Netanyahu n’agira jamais réellement sur l’annexion. L’ancien Premier ministre Ehud Barak est l’un des opposants. La semaine dernière, Barak a déclaré : “Netanyahu ne le fera pas. Je le connais depuis qu’il a 19 ans. Il n’est pas conçu pour prendre de grandes décisions.” D’autres pensent que sachant que son procès commence, Netanyahu cherche à se donner un certain prestige et à se faire rappeler en tant que Premier ministre qui a annexé une partie de la terre à Israël ».

Le journaliste de News Week a conclu : « Bien sûr, certains croient que parler d’annexion unilatérale, cela pourrait être un stratagème pour lancer de nouvelles élections lors desquelles, Netanyahu pourrait espérer obtenir un gouvernement de droite à majorité absolue, ce qui permettrait à Netanyahu d’adopter des lois qui pourraient le protéger des poursuites pénales qui ont commencé ».

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SOURCE: FRENCH PRESS TV