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Comment Idlib se transformera en un cimetière pour les Américains

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un soldat syrien à Khan Cheikhoun dans la province d'Idlib. ©Arabi Today

Des avions de chasse syriens ont bombardé les positions des terroristes à Idlib, province syrienne que certains analystes ont eu l'originalité d'appeler, dans une formule métaphorique, « la boîte postale des différentes parties » impliquées en Syrie. 

L’armée syrienne a continué ses attaques contre les terroristes du Front al-Nosra dans la banlieue d’Idlib, écrit le journal Elnashra. Dans le même temps, des avions de chasse de l’armée syrienne ont bombardé les positions des terroristes à Saragheb, à al-Ghadafa et à Tel Karsyan dans la banlieue Est d’Idlib.

L’armée syrienne a également pris pour cible de ces attaques les positions des terroristes dans des cités de la banlieue sud d’Idlib dont Ma’arrat al-Numan et Kfar Sanha, ainsi que dans le village d’al-Sarman, pendant que l’artillerie de l’armée syrienne pilonnait les axes utilisés par les terroristes dans les villages de Kanayes et Tel Karsyan dans la banlieue du sud-est d’Idlib, ajoute le journal.

Idlib, « boîte postale » des deux fronts !

La ligne de confrontation dans l’est de l’Euphrate entre les États-Unis et la Turquie, d’une part, et la Russie et la Syrie, de l’autre, passe par Idlib. De ce fait, certains appellent cette ville de grande importance stratégique la « boîte postale » des deux fronts !

À ce sujet, un article récemment publié par le site d’information 180post explique :

« Les parties impliquées dans le conflit dans l’est de l’Euphrate en Syrie utilisent Idlib comme une “boîte postale” pour transmettre leurs messages et avertissements les uns aux autres. Les armées présentes à Euphrate-Est savent bien que la moindre erreur de calcul risquerait de déclencher un conflit entre elles à leur grand dam. »

Au cours d’une opération lancée le 25 novembre dernier, l’armée syrienne a pu reprendre aux terroristes quelques villages dans le sud de la province d’Idlib. Certains y voient le signe de la fin des agissements turcs sur le front Aïn Issa dans le Nord syrien.

En réaction aux opérations de l’armée syrienne, les groupes armés présents à Idlib ont lancé dimanche une nouvelle opération avec pour devise « Maarika va la tahnu ! », ce que l’on pourrait traduire maladroitement en « combattez et ne vous sentez point faibles ! ». Leurs attaques ont visé jusqu’ici plusieurs villages du sud-est de la province d’Idlib. La composition de la cellule d’opération qui dirige ces attaques laisse croire que les groupes impliqués n’ont pas forcément les mêmes motivations ni les mêmes objectifs.

Le premier point important en rapport avec l’opération « Va la tahnu » est que les groupes soutenus par la Turquie qui selon l’accord de Sotchi auraient dû se préparer à combattre les terroristes ne voient plus aucun empêchement pour se coaliser avec Hayat Tahrir al-Cham (HTC), ou d’autres groupes terroristes comme Khatiba Imam al-Bukhari (KIB) ou encore Ajnad al-Kavkaz.

Des hommes armés soutenus par la Turquie à Tall Abyad en Syrie, octobre 2019. ©Reuters

Selon le site d’information Shaamtimes.net, la formation d’une cellule d’opération conjointe par le Front national de libération (FNL, soutenu par la Turquie) et d’autres groupes susmentionnés montre qu’Ankara ne se sent plus obligé de remplir ses engagements dans le cadre de l’accord de Sotchi. Il est aussi probable que le contrôle des choses échappe à la Turquie, incapable désormais de contrôler les agissements des groupes qui lui sont affiliés. Cette deuxième hypothèse est encore pire que la première, pour l’image de la Turquie, écrit l’auteur de l’article qui ajoute :

« En tout cas, la Turquie contrôle toujours plusieurs groupes présents à Idlib et l’on pourrait donc dire que l’opération “Va la tahnu” transmet un message de la part de la Turquie, en ce sens qu’elle n’est pas satisfaite du déroulement des évolutions à l’est de l’Euphrate et encore moins à Idlib. Ou peut-être que la Turquie voudrait dire que si l’armée syrienne a réussi à pousser les Forces démocratiques syriennes (DFS) à se retirer de la route stratégique M4 à Tall Tamar et Aïn Issa (nord-est de la Syrie), la réaction turque à ces événements est qu’Ankara, par groupes armés interposés, empêche l’armée syrienne d’avancer en direction de Ma’arrat al-Numan, cité stratégique (situé un peu plus vers l’ouest) sur la même route, tandis que le sort des certains quartiers de Tall Tamar et d’Aïn Issa n’est pas encore clair. »

« Bien que la bataille “Va la tahnu”, soit considérée de point de vue militaire comme étant une opération limitée ne pouvant apporter aucun changement stratégique à l’étendue des zones contrôlées par différentes parties, elle revêt pourtant une grande importance ; parce que :

- premièrement, malgré les déclarations de Moscou d’après lesquelles aucune vaste opération militaire n’aurait lieu désormais en Syrie, la situation quasi stable qui y règne pourrait s’effondrer à tout moment et de nouveaux conflits pourraient enflammer divers fronts ;

- et deuxièmement : si, jusqu’aujourd’hui, la Turquie avait besoin du feu vert des États-Unis pour se lancer dans une toute nouvelle opération militaire à Euphrate-Est, elle aurait désormais besoin d’en demander également l’autorisation auprès des Russes.

En effet, pour se lancer dans un tout nouvel agissement, la Turquie va devoir se coaliser, soit, avec d’autres pays, soit, avec des groupes terroristes. Sinon, elle devra agir par procuration des groupes armés ou terroristes interposés. »

Pour rappel, Idlib est la seule province syrienne à être toujours presque entièrement occupée par des groupes armés terroristes. Cette province a été occupée début 2015 suite à une coalition entre plusieurs groupes armés sous l’appellation de Jaïsh al Fatah qui était en fait une grande chambre d'opérations militaires.

Jaïsh al Fatah était soutenue par certains pays de la région dont l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Cette coalition n’existe plus aujourd’hui, les pays qui la soutenaient auparavant étant de nos jours largement divisés à cause de dossiers régionaux et surtout, en raison de leur déception dans le dossier syrien.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV