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La Grèce refuse de rejoindre la coalition US/Israël contre l'Iran

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Image satellite de la raffinerie Baniyas dans la méditerranée. ©Google Earth

Si l'opération " Source de paix" qu'a lancée Ankara contre le nord-est syrien est publiquement soutenue par l'OTAN, force est de constater que cette même OTAN a refusé tout bonnement de suivre les USA dans leur aventure "golfe persienne". Les membres de l’OTAN ont pour la plupart dit « non » à la fameuse coalition de guerre anti-Iran que les Etats-Unis ont tenté de créer pendant l'été à coup d'opération False flag visant les pétroliers. Il y a deux jours le Japon annonçait ne pas vouloir adhérer la coalition maritime US puisqu'il tient à ses liens avec l'Iran, en affirmant que Tokyo prendra lui-même en charge la sécurité de son trafic énergétique via le golfe Persique. Ce désaveu nippon a dû avoir donné des idées aux Grecs connus pourtant pour leurs liens militaires privilégiés avec l'un des rares membres de la coalition maritime anti-Iran, Israël.

On sait que depuis 2015 la Grèce a signé un accord militaire avec Israël qui n'a de pareille que l'accord qui lie Israël aux USA. C'est un accord garantissant des immunités légales à chaque personnel militaire israélien lors d’un entraînement en Grèce, ce qui fait de ce foyer de la civilisation occidentale , une base militaire israélienne en Méditerranée. Et bien c'est cette même Grèce qui a refusé de joindre la "coalition US anti-Iran" laquelle vise à "militariser" au nom de la sécurité, la stratégique voie de transit énergétique qu'est le détroit d'Hormuz. Ce non marque de loin la défaite du volet maritime de la guerre US contre l'Iran. 

Un haut responsable grec a affirmé que son pays n’avait pas l’intention d’envoyer un quelconque navire dans le détroit d’Hormuz ni dans le golfe Persique, a rapporté Sputnik.

Alexandros Diacopoulos, conseiller en Sécurité nationale de la Grèce a réclamé d'ailleurs haut et fort ce refus en marge du forum sur la sécurité mondiale à Doha :

« D’abord, nous n’avons pas beaucoup de navires. Ensuite, nous avons des problèmes avec notre voisin turc pour cette raison même, nous n’avons aucun navire libre à envoyer dans le détroit d’Hormuz. »

Le prétexte avancé est évidemment dans l'air du temps, la Turquie ayant s'attirer les foudres de l'Occident pour son opération militaire dans le nord est syrien, n'empêche qu’Athènes tient face à l'Iran à se démarquer des USA  et d'Israël.  

Selon Sputnik, le responsable de la sécurité nationale grecque a souligné que son pays disposait de la plus grande flotte de commerce dans le monde et qu'il préférait par conséquent voir le détroit d'Hormuz rester ouvert aussi longtemps possible. Les observateurs politiques voient à travers ces propos un indicateur fort intéressant : depuis la réouverture du corridor Iran-Irak-Syrie-Méditerranée, (via le point de passage Qaem-Abou Kamal), l'axe de la Résistance s'impose comme une puissance méditerranéenne avec qui les pays de la zone souhaitent commercer plutôt que guerroyer. La prise en otage du pétrolier iranien Grace 1 en été et ce, suivant un scénario américano-britannique, lequel a été imposé aux autorités de Gibraltar n'est pas prêt à s'effacer des mémoires et les Etats méditerranéens n'en veulent pas de cela. 

Lire : L'Iran met sur pied sa coalition navale

Le refus d’Athènes de jouer le jeu américano-israélien face à l'Iran devra bien inquiéter Israël: alors qu'au sol le corridor de la Résistance fonctionne depuis près d'un mois sans que le régime israélien puisse s'y aventurer sans doute par crainte à avoir à faire face à la Russie qui y a mené ses premières exercices aériens conjoints avec l'Iran au mois de septembre, en mer aussi, le régime de Tel-Aviv devra se faire à l'idée de l'émergence du facteur "Résistance". 

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV