TV
Infos   /   A La Une   /   Europe   /   L’INFO EN CONTINU

Gilets jaunes : L’usage du LBD 40 a créé des divisions au sein de la police

Des policiers équipés de LBD à Nîmes, le 12 janvier. (Archives)

Arme de division massive de la Macronie ? Décidément l'usage du LBD ou des grenades GLI-F4 a eu l'effet escompté. Outre la rupture entre civils et policiers, la permission de l’usage du LBD par le régime macronien a aussi créé des divisions au sein de la police.

Les médias dominants commencent à en parler, les moyens utilisés par les forces de l’ordre sont mis en avant. La Macronie ne peut plus fermer les yeux sur les bavures policières impliquant des armes de combat dans le but de soi-disant préserver l’ordre public. Le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, a changé son discours, en affirmant cette fois ci : « il y a des anomalies et des dérapages policiers, il y a systématiquement une enquête et, dès que c’est établi, il y a forcément une sanction ». Pourquoi ce changement de discours de la part de Castaner, alors qu’au début du mouvement il disait n’avoir jamais vu de policier attaquer un manifestant ?

Les armes utilisées par les forces de l’ordre sont de vraies armes de guerre. Mais voilà que ces armes utilisés par le régime macronien font non seulement des mutilés et des blessés au sein des manifestants, mais elles créent surtout des divisions au sein de la France. Certes des divisions entre la population et les forces de l’ordre, mais aussi des divisions au sein des services de sécurité. Toutes placées sous l'égide du ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité sont censées présenter un front uni. Cependant, les moyens intermédiaires de défense utilisés – comme notamment des LBD 40 ou les grenades GLI-F4 – font polémiques et ont créé des divisions au sein des forces de l’ordre. L’incident qui s’est produit ce 9 février lors de l’acte 13 des Gilets jaunes a sérieusement remis en question ces armes. Un manifestant a eu la main arrachée suite à l’explosion d'une grenade GLI-F4 aux abords de l'Assemblée nationale. Il faut savoir que ces grenades sont des engins de guerre. En effet, c’est une grenade lacrymogène, assourdissante et à effet de souffle, contenant une charge explosive constituée de 25 grammes de TNT. Elle est utilisée par les forces de l'ordre françaises depuis 2011. La France est le seul pays européen à l'utiliser pour le maintien de l'ordre.

Les tirs de lanceurs de balles de défense (LBD 40) sont aussi pointés du doigt pour avoir occasionné des blessures graves et des mutineries chez les manifestants, comme pour certains d’entre eux qui ont perdu un œil après avoir été visé à la tête. Selon les consignes de sécurité, l’usager du LBD 40 doit notamment respecter une distance d’au moins 7 m et viser principalement le torse. Ce qui n’a pas vraiment été le cas lors des assauts des forces de l’ordre.

Un décompte du nombre de tirs de LBD 40, révélé par L'Essor et repris par Le Monde, montre que de novembre 2018 au 26 janvier, 8 163 tirs ont été recensés pour la police, tandis que la gendarmerie n'a utilisé cette arme que 1 065 fois sur la même période. Les médias dénombrent un bilan d’au moins 1 800 blessés chez les Gilets jaunes.

Une source policière contactée par RT France a admis notamment vers fin janvier que « la majeure partie des incidents était imputable à la BAC », mais précisait : « C'est normal, ce sont eux qui sont en première ligne et ce sont aussi eux qui portent les LBD 40. C'est aussi ce choix opérationnel qui est critiquable. Les CRS, eux, savent balancer des grenades, mais la BAC est moins habituées à tirer au LBD et à utiliser des grenades.»

Ces différents corps travaillent de concert sur le terrain chaque samedi depuis le mois de novembre 2018. Ils sont également épaulés dans leur travail par les Brigades de recherche et d'intervention (BRI) et les Détachements d'action rapide (DAR). Ce sont ces dernières qui seraient accusées à la fois au sein de la gendarmerie et de la police de faire un usage immodéré du LBD.

Ces nouvelles sections, mises en place après le saccage de l'Arc de Triomphe le 1er décembre 2018, sont composées chacune d'une vingtaine de fonctionnaires principalement issus de la BAC et de la BRI et sont spécialisées dans les interpellations et les déplacements rapides sur le terrain. Elles peuvent s’intégrer à des compagnies de CRS, à des escadrons de gendarmerie mobile (EGM) ou opérer d’une manière autonome.

Interrogé à cet égard par RT France, le porte-parole de l'Union des policiers nationaux indépendants, Jean-Pierre Colombies, a pour sa part refusé de renvoyer la responsabilité des blessures et des incidents sur le détachement d'action rapide (DAR). Il a, au contraire, rappelé que les forces de sécurité étaient exsangues après 13 actes de mobilisation des Gilets jaunes et a simplement admis : « Les DAR, cela dépend de l'usage qu'on en fait. »

Depuis la rupture entre la population française et la classe politique, ces unités spéciales de la police ont été déployées dans le but d’écarter encore plus le fossé entre la population et les forces de l’ordre, mais aussi de créer aussi des divisions au sein des forces de l’ordre. Le régime macronien essaye maintenant d’appliquer la même politique qu’au Moyen-Orient ou en Afrique, à savoir diviser pour mieux régner.

Vidéo: un policier français défend l'usage des grenades de combat contre les manifestants et justifie le tir de l'un de ces engins qui a coûté la main d'un manifestant, le samedi 9 février, et aussi l'ampleur des dégâts que peuvent occasionner les grenades GLI-F4.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV