A l’appel du bloc occidental dirigé par les États-unis, le Conseil de sécurité s’est réuni pour examiner la question des droits de l’homme en Syrie. Mais avec l’opposition de la Russie et de la Chine, la réunion a pris fin plus vite que prévu.
Six membres du Conseil de sécurité des Nations unies avaient demandé l’examen des droits de l’homme en Syrie notamment dans la Ghouta orientale. Juste au début de la réunion, le représentant permanent adjoint de la Russie a contesté son ordre de jour avant d’affirmer que la question des droits de l’homme relevait de la compétence du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève.
« La Fédération de Russie s’oppose à la tenue de cette réunion. Nous avons porté le vendredi 16 mars à la connaissance de nos collègues qu’il n’y avait aucune justification à une telle réunion », a indiqué Dmitry Polyansky.
« Les questions ayant trait aux droits de l’homme ne font pas parties des obligations du Conseil de sécurité, mais elles relèvent de l'essor du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. La présence de M. Zeid Ra'ad Al-Hussein à New York n’est pas une raison convaincante pour qu’il parle et que le Conseil de sécurité confirme ses propos », a ajouté Dmitry Polyansky avant de préciser qu’il avait d’autres engagements et qu’il voulait évoquer comment devait-on faire face aux régimes qui violent les droits de l’homme.
« Il ne faut pas croire que nous ne sommes pas préoccupés par la situation au Moyen Orient. Ce à quoi nous sommes opposés, c’est la manière dont est tenue la réunion d'aujourd'hui et je veux la mettre au vote », a-t-il indiqué.
France
« Pour mieux répondre à la crise syrienne nous avons besoin de renseignements sur les droits de l’homme. Nous sommes tous bien conscients de la situation des droits de l’homme en Syrie », a pour sa part déclaré François Delattre, ambassadeur français auprès des Nations unies.
« Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a considéré en 2014 la violation des droits de l’homme comme l’un des aspects importants de cette crise. Depuis lors, la violation des droits de l’homme fait l’objet de conflit, et dont l’aggravation serait en défaveur de la paix et de la sécurité internationale », a ajouté Delattre.
« Ce que je souhaite, c'est que les questions de la situation humanitaire et de l’utilisation d’armes chimiques soient examinés lors de cette réunion », a-t-il précisé.
Il a affirmé qu’on ne pouvait pas faire une distinction entre la question des droits de l’homme et les solutions politiques des conflits. « Si le Conseil souhaite continuer ses travaux avec confiance, en vue d’empêcher la répétition de tels crimes, il doit contribuer aux solutions politiques et sur le respect des droits fondamentaux et des libertés du peuple syrien », a-t-il souligné.
Les États-Unis
L'ambassadrice Kelley R. Currie, représentante des États-Unis auprès du Conseil économique et social des Nations unies, a déclaré dans une brève déclaration: « Les efforts de la Fédération de Russie pour freiner le travail du Conseil visent à détourner l’attention à ses alliés violateurs des droits de l'homme."
Chine
« Le rôle principal du Conseil de sécurité est de maintenir la paix et de la sécurité internationales », a déclaré le représentant chinois à l’ONU, en évoquant la répartition des responsabilités des organes de l'ONU.
Il a ajouté que la question de droits de l'homme revenait de la compétence des organisations concernées, et que la tenue de cette réunion n'aidait en rien.
Or, la Russie a appelé à un vote. Résultat: huit pays étaient pour, quatre pays dont la Russie, la Bolivie et la Chine se sont déclarés opposées. L'Éthiopie, la Côte d'Ivoire et la Guinée équatoriale se sont abstenus de voter. La tenue de cette réunion n’a pas atteint le quorum requis et elle s’est achevée en moins de moins de 20 minutes.