La visite de trois jours du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane à Londres a commencé.
Le prince dont l'invitation en Grande-Bretagne a suscité une vague de colère des Britanniques, est pourtant arrivé à Londres ce 7 mars où il va s'entretenir avec la Première ministre britannique, Theresa May. Les contestataires, ayant auparavant exigé par pétition au Parlement britannique d'annuler cette invitation, ont promis de descendre dans la rue afin de protester contre le rôle joué par les deux pays dans la guerre au Yémen, qui a fait plus de 14.000 morts et provoqué une crise humanitaire.
Un déjeuner avec la reine Elizabeth mercredi est à l'agenda de la visite du prince héritier saoudien.
Le déplacement de cet héritier du trône saoudien à Londres s'effectue dans une conjoncture où les deux pays cherchent à promouvoir leurs relations défensives et sceller un partenariat plus élargi.
Un "Conseil de partenariat stratégique" va être formé aujourd'hui lors d'une assise entre Theresa May et Mohammed ben Salmane.
Cette démarche a pour but de promouvoir une plus grande coopération saoudo-britannique en matière d'éducation et de culture notamment, en plus de renforcer leurs liens en matière de défense et de sécurité.
Les contestataires envisagent de défiler dans la rue manière de montrer leur protestation contre l'intervention militaire saoudienne au Yémen et des sujets liés au droit de l'Homme au royaume. Ils prévoient aussi de condamner haut et fort la décision du gouvernement britannique ayant livré depuis 2015 au régime saoudien des armes d'une valeur de 4.6 milliards de pounds.
Partout à Londres circulent depuis deux jours des bus sur lesquels sont libellés des slogans accusant Salmane de commettre des crimes de guerre au Yémen.
Les pays européens qui se montrent inquiets de la crise humaine qui ravage le Yémen continuent de fournir des armes au régime saoudien qui s'en sert délibérément contre le peuple sans défense yéménite.
Dans un rapport sur la politique de deux poids deux mesures de la France dans la guerre au Yémen Reuters a souligné que le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian s'est soustrait mardi de fournir une réponse claire aux députés de l'Assemblée générale sur l'impératif de mettre fin à la vente d'armes à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, mais dans un geste paradoxal il a prétendu que l'accès à une solution politique au Yémen est une priorité.