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Sanctions : l’Iran et la Russie plus solidaires que jamais face à Washington

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le Congrès des États-Unis a approuvé de nouvelles sanctions contre la Russie et l'Iran. (Photo d'archives)

Selon le journal Al-Ahram, les sanctions américaines ont d’un côté consolidé les liens entre son adversaire, l’Iran, et son ancien ennemi de la Guerre froide, la Russie, et d’un autre côté en organisant des fractures au sein de l’administration de Trump, elles ont isolé le pays sur le plan international.

Le journal Al-Ahram, dans un article intitulé « Les sanctions ont renforcé l’Iran et la Russie contre les États-Unis », écrit que les sanctions américaines ne pourront jamais empêcher les deux pays de réaliser leurs projets ambitieux.

Le journal a ajouté : « Le meilleur moyen de confronter l’ennemi est de retourner sa propre arme contre lui. C’est la stratégie employée par les acteurs iraniens lorsque les sanctions imposées par les États-Unis ont conduit le pays à se tourner vers la Russie et ont créé chez lui de nouvelles ambitions. »

L’objectif est de rétorquer à Trump et de profiter des désaccords croissants au sein de l’administration de Trump sur le caractère opportun des sanctions à l’encontre de l’Iran, de la Russie et de la Corée du Nord, de sorte à diminuer l’impact des sanctions soit en prenant des mesures individuelles, soit en créant une coalition entre les trois pays sanctionnés.

Les États-Unis recourent souvent à la création de coalitions ou à la conclusion de nouveaux accords afin de contourner les décisions qui menacent ses intérêts et ses plans. Téhéran mène exactement la même stratégie. L’Iran secourt son allié russe dans la réalisation de ses objectifs à l’échelle régionale et internationale. L’achat d’armements russes pour plusieurs milliards de dollars en est la preuve.

Réciproquement, la Russie a entamé, l’année dernière, un projet de construction de nouvelles centrales nucléaires à Téhéran et les deux pays ont organisé des manœuvres militaires conjointes. Cette relation au beau fixe les a rendus plus puissants face aux États-Unis qui, dans leur scénario en Syrie, prévoient le départ de Bachar al-Assad et ont également renforcé leur position dans le projet de Nouveau Moyen-Orient.

Par ailleurs, au sein du gouvernement de Trump, il y a des divergences sur l’accord nucléaire de l’Iran et la façon dont il faut négocier avec cet ennemi. Le 11 juin, quatre membres du Sénat ont accusé l’Iran, dans une lettre adressée à Rex Tillerson, de ne pas respecter les termes de l’accord. Tandis que trente-huit généraux et amiraux de l’armée américaine à la retraite, dans un communiqué, ont non seulement déclaré leur soutien à l’accord nucléaire, mais aussi ont demandé l’ouverture d’un canal de discussion qui favoriserait le dialogue avec l’Iran. Ils ont aussi mis en exergue que l’accord avait atteint les objectifs qu’il s’était fixés au cours de ces deux années.

C’est la raison pour laquelle Trump se retrouve dans une impasse. Celui qui pendant sa compagne électorale avait promis de déchirer l’accord cherche aujourd’hui à surmonter progressivement ce défi.

Hassan Rohani, le président iranien, qui vient d’entamer son deuxième mandat, s’est aperçu de l’indécision et de l’hésitation qui règnent à la Maison-Blanche et commence à riposter. Son allié russe demeure une option efficace. D’autant que la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, sous la direction de Alaedin Boroudjerdi, a lancé un plan consistant à prévoir les moyens de confronter les nouvelles sanctions américaines et ayant été voté par l’assemblée.

En outre, Ali Akbar Salehi, le directeur de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI), a discrédité la position prise par les États-Unis. Pour lui, la sortie de Washington de l’accord n’aura aucun impact sur la survie de l’accord et si les États-Unis venaient à violer l’accord, l’Iran aura de nombreuses options à sa disposition.

Salehi a ajouté que les États-Unis paieraient cher la sortie de l’accord. D’autant plus que l’Agence internationale de l’énergie atomique a fait savoir à sept reprises que l’Iran avait respecté ses engagements et qu’aucun élément n’indiquait le contraire.

La Commission européenne n’a pas caché son inquiétude et a mis en garde contre le fait que les nouvelles sanctions contre l’Iran et la Russie pourraient menacer progressivement l’indépendance énergétique de l’Union européenne.

Les médias occidentaux ont conjointement averti que cette série de sanctions américaines concernait également les huit projets signés entre l’Europe et la Russie. La France a considéré ces sanctions comme illégales, puisque leur impact dépasse les frontières américaines.

En conclusion, les adversaires et les ennemis des États-Unis ont créé un front solidaire qui, à la faveur de la concordance entre les attentes et les intérêts russes, la fermeté de l’Iran sur ses principes et les ambitions européennes, ne cesse de se développer. C’est ainsi que la crise s’aggrave de jour en jour à la Maison-Blanche aux yeux du peuple américain et du monde entier.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV