Le chef du groupe d'opposition " Syrie de Demain", Ahmad Jarba se dit prêt à " se battre contre Daech sous la bannière des États-Unis", quitte" à s'engager aux côtés des kurdes syriens".

Alors que le président US a chargé les généraux du Pentagone de présenter un plan pour " mettre fin à la crise syrienne", un plan "apte à changer les règles du jeu en Syrie", l'ex chef de l'opposition syrienne pro occidentale dit se tenir prêt pour aider à " la création de nouveaux groupes armés en Syrie".
Au cours d'un entretien accordé à ABC News, Donald Trump avait annoncé la semaine dernière vouloir " créer des zones sécurisées en Syrie" pour empêcher " les réfugiés syriens de quitter leur pays". L'idée a fait réagir la Russie qui a affirmé qu'il faudrait "bien étudier un tel plan".
Interrogé par Reuters, Al Jarba a prétendu avoir organisé "trois mille effectifs dans le cadre d'une force spéciale", une force prête à intervenir. Jarba n'a pas hésité à annoncer que " ces forces sont formées en ce moment par la coalition placée sous le commandement des États-Unis" et qu'elle est destinée à "intervenir militairement à Raqqa", ville occupé depuis trois ans par les terroristes de Daech.
Le fait de reprendre la ville de Raqqa constitue, selon les analystes, le prétexte nécessaire à une intervention militaire directe des États-Unis en Syrie et l'offre de Jarba aux Américains est à interpréter en ce sens.
La libération d'Alep et ses impacts continuent à défier les États-Unis en Syrie et le nouveau président US a hâte de pouvoir reprendre le contrôle de la ville pétrolifère de Raqqa bien avant l'armée syrienne et ses alliés iraniens et russes.
Jarba a reconnu avoir été contacté en décembre dernier par la coalition américaine et s'être tombé d'accord avec elle pour participer à la future bataille de Raqqa. Jarba a aussi affirmé avoir pris part à des dizaines de réunions en présence des commandants américains et ceux de la coalition , " toutes destinées à créer une armée pour reprendre Raqqa"
" Syrie de Demain n'a aucun problème avec les Kurdes. On peut parfaitement travailler avec eux et s'engager à leurs côtes pour combattre Daech", dit Jarba sans évoquer l'objectif principal du plan syrien de Trump, celui de favoriser l'émergence d'un État kurde dans le nord de la Syrie. "La force spéciale" que Jarba dit avoir mobilisée compte des effectifs originaires de " Hassaka, Deir ez-Zor et Raqqa". Jarba a reconnu aussi avoir contacté " les autorités de Damas " en dépit de multiples divergences et dit que " Damas fait partie de la solution".
Le chef de " Syrie de Demain" se préparerait aussi à gagner Moscou dans un proche avenir. Cette partie de sa déclaration cadre mal avec l'enthousiasme" qu'il a affiché de voir " Trump arriver à la Maison Blanche, un président qui entretient de très bonnes relations avec l'Arabie saoudite, l'Égypte et les Émirats".
Jarba qui s'était entretenu le mois dernier avec le ministre égyptien des A.E. a demandé à ce que l'Égypte joue un rôle plus actif dans le règlement de la crise. Le porte-parole de la Diplomatie égyptienne a dors et déjà apporté son soutien à la trêve en Syrie et à son élargissement.