Samedi au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie a opposé son veto au projet de résolution française sur la Syrie.
Les Russes ont présenté une résolution alternative portant sur la mise en œuvre des récents accords conclus entre Moscou et Washington sur l’acheminement d’aides humanitaires aux territoires encerclés en Syrie, le respect par les belligérants du cessez-le-feu et la nécessité de la distinction entre les groupes armés dits «modérés», soutenus par l'Occident, et les organisation terroristes dont le Front al-Nosra, rebaptisé Fath al-Cham.
Le plan russe n’a pas obtenu le quorum nécessaire, cependant la Chine, le Venezuela et l’Égypte ont voté en faveur de ce texte. Le vote égyptien semble être révélateur:
"Ce n’est pas pour la première fois que le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, prend position en faveur de Bachar al-Assad.", a écrit un expert politique saoudien, Mahna al-Jabil, en diffusant sur Twitter une vidéo montrant la consultation du représentant égyptien auprès de l’ONU avec son homologue syrien, avant le vote sur le texte russe au Conseil de sécurité.
Selon de nombreux experts, la prise de position de l’Égypte en soutien au plan russe signifierait "une confrontation directe avec l’Arabie saoudite".
Le représentant égyptien auprès des Nations unies, Amr Abdellatif a déclaré : «Nous savions que les deux plans proposés séparément par la Russie et la France se trouveraient dans l’impasse. Cependant l’Égypte a voté en faveur du plan russe pour s'exprimer contre les puissances qui jouent avec le sort des nations arabes.»
De son côté, le représentant saoudien aux Nations unies, Abdallah al-Mouallimi a déclaré que le vote égyptien en faveur au projet de résolution russe a été très "douloureux" pour l'Arabie saoudite.