Ce vendredi à Bruxelles, le ministre turc des Affaires de l'Union européenne, Volkan Bozkir, n'a pu cacher sa déception devant le verdict prononcé par la Commission des affaires européennes au sujet du projet d'accord UE-Turquie sur une exemption de visa pour les Turcs d'ici juin.
"A ce stade, je ne peux pas dire que nous avons beaucoup d'espoir", a-t-il dit à la presse turque au terme d'un entretien à ce sujet avec le commissaire européen à l'Élargissement Johannes Hahn.
Ce projet d'accord fait partie d'un pacte plus large visant à juguler les flux de migrants.
M. Bozkir, qui s'exprimait sur les chaînes de télévision turques, a de nouveau rejeté un assouplissement de la législation antiterroriste turque alors que son pays est confronté à la reprise depuis l'été 2015 des attaques des rebelles kurdes.
La réforme de cette législation est exigée par Bruxelles parmi 72 critères à remplir pour parvenir à un accord.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait critiqué jeudi l'hypocrisie de l'UE, refusant une modification de la loi antiterroriste.
Ces tensions menacent par ricochet l'accord migratoire conclu en mars entre l'UE et Ankara : l'exemption de visa d'ici fin juin est réclamée par la Turquie pour continuer d'appliquer ce pacte qui a déjà abouti à freiner nettement le flux de migrants vers le nord de l'Europe.
Avec l'AFP