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Réflexion sur le leadership, l'autonomie et la vision civilisationnelle du martyr Ali Khamenei

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Par le Dr Shahab Norouzian Alam

J’ai passé près de dix ans de ma vie universitaire à étudier et à mener des recherches en Occident avant de revenir en Iran pour enseigner. Cette double expérience m’a permis d’acquérir une perspective comparative que je souhaite partager avec un public international.

Ce qui suit n’est pas un manifeste idéologique, mais le fruit des années d’observation empirique et de réflexion personnelle sur un homme qui a guidé l’Iran à travers l’une des périodes les plus critiques et les plus lourdes de conséquences de son histoire moderne.

En tant que scientifique ayant vécu à la fois la tradition intellectuelle occidentale et la transformation contemporaine de l’Iran de l’intérieur, je crois que l’héritage de l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, de sa vision civilisationnelle à son engagement concret envers la science, l’éducation et le développement national, mérite un récit qui dépasse les formules-chocs et les gros titres.

Voici ma modeste tentative pour offrir précisément cela.

Le cœur de son impact sur l’Iran

Ce que je peux dire de plus important concernant l’essence de son impact sur l’Iran, c’est que l’Ayatollah Khamenei a transformé le pays, autrefois dépendant de modèles importés, en un pays caractérisé par ce que j’appelle « l’indépendance active ». Ce que les médias occidentaux omettent souvent de mentionner, c’est qu’il considérait les sanctions non pas comme des impasses, mais comme des catalyseurs de percées scientifiques et industrielles.

Dans son cadre intellectuel, trois piliers sont indissociables : la foi, le savoir et la résilience. De mon point de vue, en tant que personne formée aux traditions académiques occidentales, cette combinaison reflète certaines théories du développement endogène — mais avec une différence fondamentale : Ici, la foi n’est pas une variable secondaire, mais bien le moteur de la connaissance et de la persévérance.

Un philosophe systématique de la gouvernance

L’Ayatollah Khamenei doit être considéré comme un philosophe systématique de la gouvernance. Il a élaboré une théorie globale de la « civilisation islamique moderne », fondée sur des principes tels que la justice, la rationalité, la spiritualité, l’indépendance et un leadership axé sur la jeunesse.

Ce qui me frappe particulièrement — ​​et qui, je pense, pourrait susciter la réflexion chez un public international — c’est son rejet explicite de la modernité occidentale comme modèle unique ou universel de progrès. Il affirmait au contraire que chaque civilisation devait tracer sa propre voie de développement.

Cet héritage est l’expression d’un modèle alternatif crédible et ancré localement de bonne gouvernance — non pas en opposition à l’Occident, mais en coexistence qui le critique.

L’université comme centre névralgique

Ayant enseigné aussi bien dans les systèmes universitaires occidentaux qu’en Iran, je peux témoigner que l’importance accordée par l’Ayatollah Khamenei aux universités m’a paru à la fois familière et singulière. Il considérait l’université comme le « centre névralgique de la science, de l’innovation et de l’influence sociale ».

Il a exhorté à plusieurs reprises les professeurs à former une génération à la fois « fidèle, profonde, cultivée et résolue », tout en les encourageant à étendre leur influence au-delà des murs du campus et à s’engager auprès de la société dans son ensemble.

Dans les faits, cette vision s’est traduite par des politiques universitaires privilégiant l’autonomie et mettant l’accent sur l’équité en matière d’éducation. Son héritage dans l’enseignement supérieur réside dans un effort constant pour lier le « savoir engagé » aux « besoins nationaux » — un concept qui fait écho, de différentes manières, aux discours occidentaux sur la responsabilité sociale des universités.

La signification plus profonde de la résistance

Dans la plupart des discours occidentaux, le terme « résistance » est souvent réduit à la confrontation militaire ou aux slogans révolutionnaires. Mais après des années passées à vivre et à travailler au sein de ces deux traditions intellectuelles, je peux affirmer que pour l’Ayatollah Khamenei, la résistance revêtait une signification bien plus profonde : le refus de se soumettre à la volonté des puissances hégémoniques.

Il le concevait comme un « projet de libération civilisationnelle » fondé sur l’indépendance, la justice, la dignité humaine et la volonté de résister à la domination extérieure.

Pour un public occidental familier avec la théorie post-coloniale, ce concept peut sembler étonnamment familier, car il partage des éléments d’une tradition intellectuelle qui vise à se libérer des structures de domination.

Elle diffère cependant sur un point essentiel : elle s’enracine dans la pensée islamique et se conçoit comme un projet constructif plutôt que simplement conflictuel. Son but ultime n’est pas le conflit perpétuel, mais l’édification d’une civilisation autonome, libre de toute dépendance structurelle vis-à-vis d’une puissance étrangère.

Sensibilisation des jeunes de l’Ouest

Un aspect méconnu du leadership de l’Ayatollah Khamenei fut son approche directe et sans intermédiaire auprès de la jeunesse occidentale, à travers une série de lettres ouvertes. Il les a invités à découvrir l’islam à partir de ses sources primaires, et non à travers le filtre des médias partisans.

Il leur a dit : « L’avenir de vos nations est entre vos mains », reconnaissant ainsi le profond désir humain de vérité et les encourageant à penser de manière critique et indépendante. Il a également souligné un point souvent ignoré dans les discours occidentaux : le terrorisme est une préoccupation mondiale partagée, mais le monde islamique en a été la victime la plus ancienne et la plus meurtrière, et certaines grandes puissances ont historiquement joué un rôle dans sa création.

En définitive, son message était un appel à la jeunesse occidentale pour qu’elle regarde au-delà des récits officiels, qu’elle s’appuie directement sur les faits et les sources primaires, et qu’elle reprenne les rênes de sa compréhension des complexités du monde contemporain.

La Révolution non pas terminée 

Pour l’Ayatollah Khamenei, la Révolution islamique n’a jamais été un événement terminé, mais un « chemin continu et ouvert ». Dans sa déclaration sur la « deuxième phase de la Révolution », il a esquissé une feuille de route visionnaire pour le chapitre suivant.

D’un point de vue analytique comparatif, cette phase suivante représente la transition de la République islamique d’Iran d’un « État islamique » à une « civilisation islamique » — un changement au-delà des structures gouvernementales vers l’intégration de ses principes directeurs dans le tissu culturel, scientifique, éducatif et social de la société.

L’ambition ultime est de présenter au monde un modèle civilisationnel moderne, à la fois fonctionnel et autosuffisant, offrant des réponses indépendantes et autochtones aux défis majeurs de l’ère contemporaine.

Une dernière réflexion

À ceux qui n’ont rencontré l’Ayatollah Khamenei qu’à travers les gros titres et de courtes vidéos, je propose cette réflexion en tant que professeur ayant observé l’Occident et l’Iran de l’intérieur : si vous voulez le comprendre, vous devez regarder au-delà du flux quotidien de l’actualité et le percevoir à travers le prisme plus large de sa vision civilisationnelle.

Considérez-le comme le philosophe qui a remis en question les postulats d’un ordre mondial unipolaire et qui a formulé une alternative fondée sur la justice, l’indépendance et l’autodétermination.

Considérez-le comme l’érudit qui écrivait de la poésie, correspondait directement avec la jeunesse occidentale et l’encourageait à rechercher la vérité par une enquête indépendante plutôt que par des récits hérités.

Il faut le considérer comme un Leader qui percevait les sanctions les plus sévères non comme des obstacles, mais comme des opportunités de favoriser l’innovation scientifique, le progrès technologique et l’autonomie industrielle.

Pour apprécier pleinement son héritage, il faut s’intéresser au projet civilisationnel qu’il a cherché à construire, une vision dédiée à la création d’un monde plus juste, plus indépendant et plus humain, affranchi des diktats de l’hégémonie orientale et occidentale.

C’est cet homme, à qui, des millions de personnes disent aujourd’hui à Dieu.

Le Dr Shahab Norouzian Alam est professeur agrégé à l’Université des sciences et technologies d’Iran. Il a auparavant occupé le poste de secrétaire général de l’Union des associations d’étudiants islamiques d’Europe (UISAE).

(Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement celles de Press TV)

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SOURCE: FRENCH PRESS TV