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Mission inachevée : les États-Unis visaient la « capitulation sans condition » de l’Iran, mais ont vu émerger une nouvelle puissance régionale

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Par l'équipe du site web de Press TV

Lorsque les présidents iranien et américain ont signé le mémorandum d’entente, marquant officiellement la fin de la guerre illégale et non provoquée menée contre la République islamique d’Iran, une nouvelle réalité s’était déjà dessinée à travers l’Asie de l’Ouest.

C'était une réalité que Washington avait passé des décennies à tenter d'empêcher et dépensé des milliards de dollars afin de l’inverser, au moyen de sanctions, d'opérations de sabotage et d'actions militaires directes.

La guerre à grande échelle déclenchée à la fin du mois de février, censée briser la volonté de l'Iran et démanteler son influence, a produit exactement l'effet inverse.

L’Iran s’est imposé non seulement comme un survivant de l’agression, mais aussi comme l’architecte incontesté de l’avenir politique, sécuritaire et économique de la région. Le mémorandum d’entente signé entre Téhéran et Washington n’était pas une concession obtenue sous la contrainte, mais la reconnaissance formelle d’une transformation stratégique d’abord acquise sur le champ de bataille, puis entérinée à la table des négociations.

Pendant des décennies, les stratèges américains ont fondé leur stratégie sur l'hypothèse que l'Iran pouvait être contenu, isolé et, à terme, réduit à un rôle périphérique dans une région dominée par les États-Unis et leurs alliés. Le réseau de bases déployées à travers le golfe Persique, la présence navale à Bahreïn, la puissance aérienne projetée depuis le Qatar et les Émirats arabes unis : tout cela visait à affirmer la domination américaine et à contenir l'Iran.

La guerre a brisé cette illusion de manière définitive et irréversible. Lorsque des missiles iraniens ont frappé des bases américaines avec une précision dévastatrice, lorsque des drones iraniens ont attaqué des installations censées être imprenables, et lorsque les forces armées iraniennes ont démontré leur capacité à riposter à volonté, il est devenu évident qu’aucune équation sécuritaire ou politique dans la région ne peut être établie sans prendre en compte le rôle de l’Iran.

Cette guerre a démontré que les États-Unis ne peuvent pas protéger leurs alliés des représailles iraniennes, après que ces mêmes pays ont permis que leur territoire soit utilisé contre la République islamique d’Iran.

Les pays de la région qui ont abrité pendant des années des installations militaires américaines, utilisées comme bases de lancement pour des attaques contre l’Iran, ont finalement réalisé que les défenses aériennes américaines ne pouvaient pas les protéger des conséquences de leur hospitalité.

Les systèmes radar à plusieurs milliards de dollars, les batteries Patriot et les dispositifs de défense antimissile multicouches : tout cela s’est révélé insuffisant face aux frappes de précision iraniennes. Le message était sans équivoque : les puissances étrangères ne peuvent garantir la sécurité dans la région ; seuls les pays de la région en sont capables.

Cette prise de conscience a profondément modifié les calculs de tous les acteurs régionaux. Les monarchies du golfe Persique, entre autres, doivent désormais composer avec un contexte stratégique dans lequel les garanties de sécurité de Washington ne sont plus fiables. L’accord conclu avec l’Iran reconnaît que le dialogue avec Téhéran n’est pas une option, mais une nécessité. L’avenir de la région ne sera pas façonné par les préférences américaines, mais par les réalités iraniennes.

L’Axe de la Résistance : une réalité stratégique que les États-Unis ne peuvent plus ignorer

L’un des principaux acquis de cette guerre, et de la prise de conscience qui en a découlé, a été sans doute la reconnaissance de l’Axe de la Résistance comme une réalité stratégique incontournable. L’accent mis sur la fin des hostilités sur tous les fronts, notamment au Liban, constitue une reconnaissance formelle de la stratégie d’unification des théâtres d’opérations.

L’Iran a démontré, par des actes qui parlent plus fort que n’importe quel communiqué diplomatique, qu’il se tient aux côtés de ses amis et alliés d’une manière que les États-Unis ne font pas et ne peuvent pas faire.

Lorsque le Liban a été attaqué, l’Iran n’a pas publié de communiqués exprimant sa préoccupation tout en restant passif. Il n’a pas formulé de promesses diplomatiques creuses tout en laissant ses alliés être anéantis. L’accord stipulait explicitement la cessation des hostilités sur tous les fronts.

La fin de la guerre signifiait la fin des attaques contre le Liban. Elle confirmait la reconnaissance du fait que l’engagement de l’Iran envers le Front de la Résistance est à la fois sincère et efficace.

Comparez cela à l’approche américaine. Les États-Unis ont, à plusieurs reprises, démontré leur volonté d’abandonner leurs alliés lorsque les calculs stratégiques évoluent. Les États de la région ont constaté que les engagements américains sont conditionnels, temporaires et soumis aux caprices politiques de Washington. Les engagements iraniens, en revanche, se sont révélés durables, constants et appuyés par des capacités avérées.

L’Axe de la Résistance est souvent perçu à tort, dans le discours occidental, comme un ensemble de mandataires, une caractérisation qui dénature profondément la nature de cette relation. Il ne s’agit pas d’instruments de la politique iranienne, mais de partenaires partageant une vision stratégique commune.

L’Iran ne commande pas ses alliés, mais coordonne ses actions avec eux. Il ne les sacrifie pas pour obtenir des gains diplomatiques, mais les soutient dans les circonstances les plus difficiles. L’unité des fronts ne relève pas du simple slogan ; il s’agit d’une doctrine stratégique éprouvée dans les circonstances les plus exigeantes et dont l’efficacité a été démontrée.

La récente guerre a montré qu’une attaque contre un front entraîne inévitablement des représailles sur d’autres. Frapper le Liban suscite des réponses dans toute la région. Cibler des intérêts iraniens entraîne des ripostes contre des installations américaines. Cette interdépendance constitue une source d’autorité stratégique, qui renforce la capacité de dissuasion de l’Iran et rend toute agression contre un membre de l’Axe extrêmement coûteuse.

La reconnaissance de cette réalité par le mémorandum d’entente, ainsi que l'insistance sur la nécessité de mettre fin à la guerre sur tous les fronts, représentent une reconnaissance diplomatique d’une réalité militaire que les États-Unis avaient tenté de nier.

Une nouvelle ère stratégique

Le mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis marque l’ouverture d’une nouvelle ère stratégique. L’idée selon laquelle l’Iran pourrait être exclu des arrangements régionaux, que ses intérêts pourraient être ignorés ou ses préoccupations sécuritaires pourraient être écartées, s’est totalement effondrée. L’Iran s’est affirmé comme une puissance déterminante, capable d’influencer la trajectoire politique, sécuritaire et économique de la région.

Les implications vont au-delà des termes immédiats de ce mémorandum. Les pays de la région comprennent désormais que la coopération de l’Iran est essentielle à la stabilité. La sécurité du golfe Persique ne peut être garantie sans la participation iranienne.

Les États-Unis, quant à eux, doivent accepter un rôle considérablement réduit. L’ère de l’unilatéralisme américain en Asie de l’Ouest est révolue. L’ère des solutions imposées et de l’exclusion des puissances régionales est terminée.

Ce mémorandum représente une reconnaissance américaine - aussi réticente soit-elle - du fait que l’Iran est un partenaire indispensable à la stabilité régionale, et non un obstacle à éliminer.

Pour l’Iran, le défi consiste désormais à consolider cette position stratégique par une diplomatie avisée et patiente. Ce mémorandum jette les bases d’un ordre régional plus stable et plus équitable qui reconnaît les droits et les intérêts légitimes de l’Iran. La voie à suivre exige une vision claire des objectifs stratégiques, une fermeté dans la défense de la souveraineté iranienne, ainsi qu’une grande sagesse pour naviguer dans un environnement international complexe.

La guerre imposée a démontré les capacités militaires de l’Iran. Le mémorandum d’entente a confirmé son poids diplomatique. La suite des événements déterminera si cette réussite stratégique peut se traduire par une sécurité et une prospérité durables.

L’Iran a acquis une place de premier plan en tant que puissance déterminante en Asie de l’Ouest. Il s’agit désormais de consolider cette position et de veiller à ce que les sacrifices consentis durant la guerre- le sang des martyrs, la résilience du peuple et la force des forces armées- soient honorés par un avenir, qui reflète les aspirations de la nation et lui assure la place, qui lui revient dans la région et dans le monde.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV