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L’Empire américain en chute libre : les menaces désespérées contre l’Iran montrent que les États-Unis ont complètement perdu le contrôle

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Par le service d’analyse stratégique de Press TV

La rhétorique menaçante qui émane de Washington ces jours-ci n’est pas simplement le fruit d’une administration incompétente et en difficulté ni une posture électorale.

Il s’agit d’un instrument calculé de guerre psychologique, utilisé après des résultats désastreux tant sur le champ de bataille qu’à la table des négociations.

Comme l’a succinctement formulé un conseiller de haut rang du Leader de la Révolution islamique, le ton menaçant de l’ennemi sert un but unique : intimider l’Iran et le contraindre à un retrait partiel – ou total – des conditions qu’il a présentées pour mettre fin à cette guerre non provoquée et illégale.

Mais derrière ces fanfaronnades se cache une réalité plus profonde et plus inquiétante. Les États-Unis ne menacent plus d’une position de suprématie incontestée comme par le passé. Ils se livrent désormais à des démonstrations de force au bord du déclin et de la ruine.

Après une série de défaites militaires et stratégiques – de la guerre des Douze Jours en juin 2025 à la guerre du Ramadan cette année –, l’empire américain voit son image de puissance réduite à néant. Ces menaces vaines ne sont pas des signes de force, mais plutôt les derniers soubresauts désespérés d’une prétendue « superpuissance » qui tente de regagner en influence par le chantage.

Pourquoi les menaces seront-elles plus efficaces que l’action ?

L’élément le plus crucial pour l’ennemi pour son diktat n’a jamais été uniquement son arsenal militaire. En outre, il faut prêter attention à la manière dont l’Iran réagit au concept même de guerre.

Après avoir imposé deux guerres dévastatrices et non provoquées à la République islamique d’Iran en l’espace de dix mois, infligeant de lourdes pertes humaines et économiques au pays, l’ennemi cherche maintenant à instrumentaliser les souffrances endurées par le peuple iranien.

La stratégie est brutale, mais simple : brandir la menace de plus de morts et de destructions, puis exiger de l’Iran le recul de sa position de principe.

C’est là où réside l’erreur fatale de l’ennemi. Dans les deux guerres imposées, ni les États-Unis ni leur allié sioniste n’ont remporté la moindre victoire militaire sur l’Iran. Ils ont pilonné des quartiers civils, des hôpitaux et des centres de recherche. Ils ont tué en martyr le Leader de la Révolution islamique et massacré quelque 170 enfants dans une école – des actes d’une lâcheté et d’une criminalité sans précédent qui ont franchi toutes les limites.

Mais sur le champ de bataille, là où la puissance matérielle se heurte à la volonté d’une nation, ils n’ont rien obtenu. Absolument rien. La nation iranienne a résisté de toutes ses forces, et l’ennemi a subi des pertes inimaginables.

Par conséquent, la menace de guerre s’est révélée plus efficace pour l’ennemi que la guerre elle-même. Pendant des années, Washington a fait chanter l’Iran en brandissant la menace de la guerre.

Et dans certains cas, notamment avec le Plan global d’action conjoint (PGAC), cette extorsion psychologique a porté ses fruits pour obtenir des concessions que la guerre n’aurait jamais pu apporter. Mais cette époque touche à sa fin, et les Américains en sont conscients.

Aujourd’hui, l’ennemi n’a jamais eu autant besoin de maintenir l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l’Iran. Et paradoxalement, cette urgence témoigne de sa profonde faiblesse.

Si les États-Unis échouent dans leur actuelle tentative de chantage envers l’Iran – ce qui est inévitable –, ils perdront les derniers vestiges de leur crédibilité et de leur prestige. Washington a déjà utilisé sa dernière flèche : une agression militaire à grande échelle. Cette flèche n’a atteint aucun de ses objectifs. Elle n’a pas pu remettre en question les droits nucléaires de l’Iran. Elle n’a pas mis la République islamique d’Iran à genoux. Elle n’a même pas réussi à atteindre ses objectifs militaires les plus fondamentaux.

Si l’extorsion échoue, l’Empire américain se retrouvera sans atouts. Il n’y aura ni victoire sur le terrain, ni capitulation diplomatique, ni effondrement économique à Téhéran. Ce scénario marquerait la fin de l’illusion d’une puissance américaine incontournable, laissant Washington au bord du précipice.

Les menaces proférées par les États-Unis ne visent donc pas tant à intimider l’Iran qu’à préserver leur propre image sur la scène internationale. Washington redoute un effet domino : si l’Iran refuse de céder et maintient sa position, les alliés et les partenaires régionaux des États-Unis verront leur position totalement anéantie face à la puissance iranienne.

Un à un, les alliés et partenaires régionaux des États‑Unis réajusteront leurs allégeances, car la menace de guerre n’est plus un élément offensif, mais une posture défensive, comme le dernier souffle d’un empire en décadence qui tente d’empêcher son effondrement brutal et irréversible.

En réalité, ces menaces représentent les ultimes tentatives d’une prétendue « superpuissance » pour éviter un effondrement total. Si elles aboutissaient – et si l’Iran se retirait, ne serait‑ce que tactiquement, de ses positions logiques et légitimes –, les États‑Unis bénéficieraient d’un répit temporaire. Ils assureraient leur survie, obtiendraient un sursis, et s’empresseraient de compenser leurs faiblesses matérielles et, plus important encore, de réparer les dommages causés à leur réputation par leurs échecs face à l’Iran. Ils pourraient alors s’appuyer sur cette crédibilité retrouvée lors de futurs conflits.

Les responsables iraniens comprennent parfaitement l’étendue de ce piège. Tout recul par rapport à des positions de principe n’empêchera pas de nouvelles pertes. Au contraire, il les accélérera. Car les calculs de l’ennemi sont d’une simplicité brutale : chaque recul de l’Iran légitimerait la stratégie de la menace des Américains.

Face aux menaces existentielles, il faudrait une résistance existentielle

Pour les États-Unis et Israël, cette guerre est perçue comme une menace existentielle. Ils ont misé sur une quelconque capitulation de l’Iran pour préserver leur hégémonie régionale et la crédibilité de leur politique de dissuasion. Néanmoins, l’inverse est tout aussi vrai. De la même manière que la guerre représente une menace existentielle pour l’ennemi, elle l’est aussi pour l’Iran.

Un ennemi qui a déjà perpétré le crime le plus abominable – l’assassinat du Leader – ne connaît plus aucune limite. Lorsqu’un adversaire dépasse ce seuil, il déclare au monde entier qu’il est capable de tout. Aucune négociation, aucune concession, aucun recul, même partiel, ne pourra le satisfaire. Les concessions ne garantiront pas la paix ; elles ne feront qu’intensifier l’agression, et les deux dernières guerres imposées à l’Iran en sont des preuves irréfutables.

Par conséquent, face aux menaces existentielles, il faudrait une résistance existentielle et une fermeté absolue. Cela signifie qu’il n’y aura aucun recul – même verbal – dans la protection de l’ordre établi. Cela signifie une dissuasion maximale, obtenue non par la négociation, mais par une volonté inébranlable.

À l’inverse, la résistance à une menace existentielle – ainsi que la déception qui en résulte pour l’ennemi – produit la forme ultime de dissuasion : la puissance intrinsèque. Ce n’est pas une puissance dépendante de l’approbation américaine ou de la médiation européenne. La puissance intrinsèque provient de la résilience de la nation, de son ingéniosité militaire et de son refus de se plier.

Voici l’avantage stratégique que les analystes occidentaux ignorent systématiquement : atteindre le plus haut niveau de dissuasion garantit la sécurité. La sécurité attire les capitaux et les investissements. Les investissements neutralisent les pressions économiques. Cette résilience qui déjoue le chantage de Washington est la clé de l’avenir économique de l’Iran.

L’écart militaire conventionnel entre l’Iran et l’alliance américano-israélienne demeure considérable en termes d’équipements, de technologies et de puissance de feu. Ce constat n’est un secret pour personne. Mais la guerre ne se résume pas à des chiffres. Face à cette disparité, l’Iran a adopté des méthodes de guerre asymétriques, qui se sont révélées d’une efficacité incroyable lors du récent conflit.

Face aux bombardements aériens massifs et intenses, l’Iran n’a pas cherché à riposter par la force. Au contraire, il a opté pour une stratégie défensive et offensive axée sur l’impact, utilisant un équipement minimal et peu coûteux afin d’obtenir des effets stratégiques disproportionnés. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mais une démonstration d’intelligence stratégique.

De plus, un nouvel élément est désormais entré en jeu dans les calculs de la guerre. Pendant des décennies, les États-Unis ont cru pouvoir combattre l’Iran en essayant de l’isoler de plus en plus. Le Front de la Résistance – qui s’étend du Liban au Yémen, de l’Irak à la Palestine – a transformé la guerre asymétrique en un redoutable multiplicateur de force régional.

Dans les deux guerres imposées, cet élément a fait pencher la balance de manière décisive en faveur de l’Iran.

Cette logique s’applique à la riposte aux menaces classiques. Les réponses asymétriques sont toujours plus efficaces face à une superpuissance rigide et technologiquement dépendante. Il ne faut pas s’y tromper : si l’ennemi passe à l’acte une fois de plus, l’Iran déploiera des options qu’il s’est délibérément abstenu d’utiliser jusqu’à présent.

Ce n’est pas un mystère. Ces options englobent l’engagement d’autres axes économiques mondiaux dans la région, et pas seulement le détroit d’Ormuz. Elles incluent le déploiement d’armes stratégiques de nouvelle génération, élaborées exactement pour une telle situation. En outre, elles impliquent la réactivation de toutes les lignes rouges et des considérations militaires qui avaient été respectées ou mises de côté pendant la guerre des Douze Jours et la guerre du Ramadan.

Deux fronts, une volonté inébranlable

La voie tracée par les forces armées iraniennes sur le champ de bataille et par son peuple dans les rues des villes du pays doit désormais se poursuivre sur deux fronts essentiels : la diplomatie et la résilience économique.

Les appareils exécutif et diplomatique de l’Iran agissent actuellement comme des combattants postés derrière un système de lancement de missiles. Ce ne sont pas des administrateurs en coulisses, mais des défenseurs de première ligne, contraints de se battre jusqu’à la mort pour la survie de leur pays.

Il n’y a pas de place pour la fatigue ni pour la capitulation tactique déguisée en pragmatisme.

La résilience du gouvernement et du peuple n’est pas un simple slogan politique. Elle est la condition sine qua non pour surmonter cette crise, préserver l’existence de l’Iran, instaurer une dissuasion durable et écarter à jamais la menace de la guerre.

La diplomatie iranienne, forte d’une compréhension claire et juste du caractère crucial de ce moment, ne doit laisser aucune porte ouverte à l’ennemi pour atteindre ses objectifs. Cela implique l’absence de compromis ambigus, de concessions officieuses et de signes subtils de faiblesse susceptibles d’être interprétés à Washington et à Tel-Aviv comme de prétendues failles dans la volonté iranienne.

L’Empire américain ne peut se permettre une autre défaite majeure

Les États-Unis menacent aujourd’hui l’Iran non pas parce qu’ils sont en position de force, mais parce qu’ils sont faibles et dans un état de déroute. Ces menaces visent à obtenir ce que le champ de bataille n’a pu garantir : un retrait symbolique de l’Iran qui permettrait aux États-Unis de redorer son image ternie.

Les dirigeants iraniens comprennent parfaitement ce calcul. Ils savent que tout recul – même temporaire ou partiel – n’empêchera pas une nouvelle guerre, mais la provoquera inévitablement. Car le seul moyen pour l’ennemi de préserver sa crédibilité est de briser la volonté iranienne.

Mais l’ennemi échouera. L’Iran n’a d’autre choix que de tenir bon. La menace existentielle exige une résistance existentielle et la résistance, et en fin de compte, c’est la seule voie vers la sécurité, l’investissement, le redressement économique et une paix durable dans le pays et la région.

L’épée de la guerre plane toujours au-dessus de nos têtes, mais la main qui la brandit tremble. L’Iran a appris une vérité simple : une main tremblante ne peut frapper pas efficacement une nation qui refuse de se plier.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV