TV

De Gaza au Caire, la longue attente des Palestiniens souhaitant franchir le passage de Rafah

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des enfants palestiniens regardent des Palestiniens blessés à la guerre se préparer à quitter la bande de Gaza par le poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Égypte, le 8 février 2026. ©AFP

Malgré la réouverture partielle, le 2 février, du point de passage de Rafah, l’espoir d’un retour ou d’une évacuation médicale reste fragile. Le nombre limité d’autorisations quotidiennes laisse arguer une attente longue et pénible pour des milliers de familles déjà brisées par plus de deux années de guerre.

Fermé depuis sa prise de contrôle par l’armée israélienne en mai 2024, le terminal de Rafah, reliant la bande de Gaza et l’Égypte, permet désormais le passage des premiers groupes de Gazaouis bloqués en Égypte. Cette ouverture s’inscrit dans le cadre du fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, à l’issue d’un accord négocié par le président américain Donald Trump.

Après plusieurs contrôles, les Palestiniens qui souhaitent rentrer dans la bande de Gaza y pénètrent en car, accompagnés par du personnel des Nations unies et par des hommes portant des uniformes aux couleurs de l’Égypte, comme le montrent des images diffusées par la chaîne Al Jazeera.

Mais dans l’autre sens, la réouverture partielle du passage permet aussi de laisser passer en Égypte des personnes blessées ou gravement malades, afin qu’elles puissent y recevoir des soins. 

Depuis le début de l’offensive israélienne en octobre 2023, les infrastructures médicales de Gaza ont été systématiquement ciblées. Selon les Nations unies, les établissements de santé ont été attaqués à au moins 700 reprises. En octobre 2025, seuls 14 des 36 hôpitaux de la zone côtière fonctionnaient encore, souvent partiellement, dans des conditions dramatiques.

Selon un rapport de la mission européenne EUBAM, chargée d’observer et d’assister les opérations au poste-frontière, « 80 à 100 traversées par jour au total » sont actuellement autorisées. Un chiffre dérisoire au regard des besoins humanitaires.

Environ 50 personnes rentreraient volontairement à Gaza chaque jour, tandis qu’un nombre équivalent de malades ou de blessés seraient autorisés à quitter la zone, accompagnés de deux proches au maximum.

D’après le ministère de la Santé de Gaza, 20 000 patients sont en attente d’une évacuation médicale. À ce rythme, il faudrait plus d’un an pour leur permettre de sortir.

Ces évacuations au compte-gouttes cruel créent une attente difficile pour les personnes ayant besoin de soins indisponibles dans la bande de Gaza. C’est le cas d’Ibrahim – le prénom a été changé pour préserver son anonymat –, un jeune garçon d'une dizaine d'années blessé à l’été 2025 par l’explosion d’une bombe israélienne. Touché à la colonne vertébrale, devenu paraplégique, il a dû être amputé d’un membre.

Sa mère, Khadija (pseudonyme), souhaite l’emmener en Égypte au plus vite. « Mon fils ne peut pas marcher. Il est dans un centre de rééducation, mais faute de places, on ne le gardera que deux ou trois mois, alors qu’il lui faudrait au moins six ou sept mois. Après, il retournera souffrir dans notre tente », confie-t-elle.

Elle explique aussi que la prothèse fournie localement lui provoque des inflammations : « Elle ne lui sert à rien. Il ne peut pas l’utiliser pour sa rééducation et refuse de la porter. »

Ibrahim n’a pas pu faire partie des premières personnes évacuées ces derniers jours. Sa mère craint qu’il ne reste bloqué dans la bande de Gaza pendant encore des mois.

 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV