Par le Pr. Abdullahi Danladi
En période de tensions et de conflits internationaux, la vérité est souvent la première victime, occultée par la propagande, la désinformation et les récits déformés.
Alors que les menaces s'intensifient et que la rhétorique guerrière refait surface, notamment de la part des États-Unis et du régime sioniste contre la République islamique d'Iran, le monde est une fois de plus confronté à un schéma familier : la distorsion se faisant passer pour de l'analyse, la propagande pour de l'inquiétude et les vœux pieux érigés en certitudes.
Dans de tels moments, la neutralité devient complicité et le silence, approbation du mensonge.
Les récentes émeutes orchestrées par l'étranger en Iran ont été instrumentalisées par des médias hostiles et certains acteurs politiques comme preuve supposée de l'effondrement de l'État.
Des images soigneusement cadrées, des récits sélectifs et une exagération délibérée ont servi à construire un récit fantasmé où la République islamique serait isolée de son peuple et abandonnée par l'histoire. Pourtant, les faits, l'observation à long terme et la réalité politique convergent sans équivoque vers le contraire : la République islamique d'Iran bénéficie toujours d'un soutien indéfectible de l'immense majorité de sa population, notamment face aux menaces étrangères et aux coercitions extérieures.
Ceux qui célèbrent déjà la « chute » de l'Iran ne se livrent pas à une analyse politique sérieuse. Ils s'adonnent à une illusion idéologique.
Depuis plus de quarante ans, les mêmes prédictions sont ressassées avec une certitude mécanique, après les sanctions, les assassinats, les sabotages, la guerre économique, et pourtant la République islamique demeure. Car elle est ancrée dans la souveraineté, le sacrifice et la résistance à la domination. Les États s'effondrent lorsqu'ils perdent leur légitimité interne ; l'Iran, au contraire, l'a consolidée sous la pression.
Dans ce climat tendu, le récent discours du Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a revêtu un poids particulier. C'était un discours empreint de sérénité, de conscience historique et de confiance stratégique. Son message était clair : l'arrogance n'est pas la force, et le pouvoir sans fondement moral est fragile. L'ère de la coercition américaine incontestée touche à sa fin, non pas sous l'effet de slogans, mais en raison d'une résistance accumulée, d'une dégradation interne et d'un réalignement mondial.
Les États-Unis ne sont plus aujourd'hui l'hégémonie incontestée qu'ils s'imaginaient être. Ils sont politiquement polarisés, économiquement fragilisés, militairement surchargés. Ils font face à une résistance croissante en Asie de l'ouest, en Afrique, en Amérique latine et au-delà.
Leur alliance inconditionnelle avec le régime sioniste n'a pas engendré la stabilité, mais une crise perpétuelle ; non pas la sécurité, mais l'expansion des fronts de résistance. Chaque acte d'agression a renforcé la coopération régionale entre ceux qui refusent la soumission.
L'Iran se trouve au cœur de cette résistance par principe. Il a choisi l'indépendance plutôt que la dépendance, la dignité plutôt que la normalisation et l'autodétermination plutôt que l'obéissance imposée.
Ce choix lui a valu des sanctions, des sabotages, une diabolisation et des menaces, mais il en a aussi fait un symbole. L'histoire est sans équivoque : les nations qui abandonnent leur souveraineté pour un soulagement temporaire perdent à la fois leur dignité et leur avenir. Pour l’Oumma islamique, ce moment n'est pas seulement géopolitique ; il est profondément moral. L'islam exige du discernement moral, la capacité de distinguer entre agresseur et victime, entre siège et défense, entre vérité et mensonge.
Aspirer à la neutralité lorsqu'une nation musulmane est ouvertement menacée, asphyxiée économiquement et encerclée militairement n'est pas un acte de sagesse ; c'est un abandon de responsabilité.
L'injonction coranique de défendre fermement la justice ne s'accompagne d'aucune condition de confort ou de commodité. La République islamique d'Iran s'est toujours opposée à la domination impériale, a défendu la Palestine et a rejeté le contrôle sioniste et néocolonial sur les terres musulmanes.
Ces positions ne sont pas marginales ; elles touchent au cœur même du combat historique de l’Oumma.
Ceux qui applaudissent les sanctions, les bombardements ou l'effondrement des régimes, que ce soit par ignorance, par préjugés sectaires ou par adhésion aux récits impériaux, ne prônent pas la réforme. Ils cautionnent l'asservissement. Aucune société n'a jamais été libérée par des missiles étrangers, et aucune oumma ne s'est jamais relevée en applaudissant son propre siège.
Il s'agit donc d'une épreuve cruciale pour les érudits, les militants, les intellectuels et les croyants : voir clair en cette ère de tromperie et défendre sans faillir la vérité lorsqu'elle est attaquée.
Soutenir l'Iran aujourd'hui ne relève ni des personnalités, ni des sectes, ni d'un opportunisme politique ; il s'agit de défendre le principe selon lequel les nations musulmanes ont le droit de forger leur propre destin sans contrainte extérieure.
L'histoire favorise ceux qui persévèrent avec conviction, non ceux qui misent sur l'arrogance. Les empires s'élèvent bruyamment et s'effondrent soudainement. Les nations enracinées dans la foi, la patience et la résistance survivent aux tempêtes.
La République islamique d'Iran a déjà affronté des tempêtes et demeure debout. Ceux qui comprennent l'histoire en savent la raison. Ceux qui comprennent l'islam savent quelle position adopter.
Le professeur Abdullahi Danladi est membre du Mouvement islamique du Nigeria.
(Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement celles de Press TV.)