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Zoom Afrique du 11 novembre 2024

Zoom Afrique du 11 novembre 2024

Les titres de la rédaction :

  • Côte d’Ivoire : Abidjan, la capitale mondiale du chocolat
  • Tunisie : le gouvernement finalise la connexion de 3300 écoles à la fibre
  • Le Gabon lance la construction de l’axe Ndendé-Doussala le reliant à la République du Congo
  • Agenda 2063 de l’UA : le Togo, 5ème pays le mieux préparé

 

Les analyses de la rédaction :

1. Décoloniser la bande dessinée : l’Afrique face aux stéréotypes persistants de l’Occident

La représentation de l’Afrique dans la bande dessinée occidentale est depuis longtemps marquée par des stéréotypes profondément enracinés, souvent hérités d’une vision coloniale. Si le cinéma et la presse occidentale sont régulièrement pointés du doigt pour leurs représentations biaisées de l’Afrique, la bande dessinée a également contribué à diffuser des clichés racistes, en particulier parce qu’elle s’adresse à un public jeune et impressionnable.

Les exemples récents, comme le retrait de La Gorgone Bleue, un album de Spirou et Fantasio, démontrent que ces stéréotypes demeurent vivants, même dans des œuvres publiées aujourd’hui. Cet album a suscité une vive controverse pour ses illustrations d’Africains, caricaturés avec des traits rappelant ceux des singes, un stéréotype visuel raciste. Malgré les excuses de l’éditeur Dupuis, qui qualifie ce style de « caricatural hérité d’une autre époque », il est inacceptable qu’une telle représentation persiste en 2023.

Ce type de caricature n’est pas un incident isolé. Dans les années 1930, des œuvres comme Tintin au Congo ont projeté une vision de l’Afrique non seulement paternaliste, mais ouvertement méprisante, rendant les Africains passifs et simplistes, alors que les Européens apparaissent comme civilisés et héroïques. Ces stéréotypes ont encore un impact insidieux aujourd’hui, renforçant dans l’inconscient collectif une image de l’Afrique et de ses habitants comme étant « en retard » ou « inférieurs ».

En outre, d’autres œuvres de BD européenne, comme Astérix et Obélix, ne sont pas en reste. Le pirate Baba y est caricaturé avec des lèvres surdimensionnées, un autre stéréotype qui réduit les Africains à des traits physiques exagérés et les prive de toute profondeur humaine ou intellectuelle. Ce phénomène ne se limite pas à l’Europe ; aux États-Unis, des personnages comme Lothar, le serviteur noir de Mandrake, sont représentés comme forts physiquement, mais faibles intellectuellement, ce qui renforce l’image d’une Afrique caricaturée.

Cependant, il existe des tentatives prometteuses pour contrer ces images stéréotypées. Des auteurs africains, tels que Marguerite Abouet avec sa série Aya de Yopougon, offrent une représentation authentique, vivante et respectueuse du quotidien africain. Ces BD, populaires non seulement en Afrique, mais aussi en Occident, renvoient une image réelle de l’Afrique, loin des clichés dégradants véhiculés par les œuvres occidentales. L’ironie est flagrante : alors que les Occidentaux continuent de s’enfermer dans des images héritées de leur passé colonial, ce sont les Africains eux-mêmes qui prennent l’initiative de reconstruire leur propre image.

La bande dessinée occidentale doit encore beaucoup évoluer pour sortir de ses stéréotypes racistes. L’exemple d’Hugo Pratt, créateur de Corto Maltese, démontre qu’une vision respectueuse et empathique est possible, mais reste rare. Les éditeurs, scénaristes et illustrateurs en Occident doivent réaliser que le regard qu’ils posent sur l’Afrique et ses peuples a des répercussions réelles, en particulier auprès des jeunes lecteurs. Aujourd’hui, les œuvres africaines et leurs auteurs jouent un rôle clé en redonnant la parole à leurs cultures, en racontant leurs propres histoires, et en diffusant une image vraie de leur continent.

C’est en valorisant les voix africaines et en encourageant les productions locales que l’on pourra renverser l’héritage de ces représentations racistes. L’Afrique ne doit plus être définie par un regard étranger, mais par ses propres récits, plus riches et nuancés, qui témoignent de la diversité, de la force et de l’humanité du continent.

2. La souveraineté malienne face aux multinationales étrangères 

Depuis plusieurs décennies, l’Afrique subit le poids de l’exploitation de ses ressources naturelles par des multinationales occidentales. Des pays riches en matières premières comme le Mali ont vu leurs ressources pillées, leurs écosystèmes endommagés, et leur population peu bénéficier des richesses naturelles. Le cas récent de la compagnie minière australienne Resolute, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire au Mali, symbolise les tensions entre un pays en quête de souveraineté et des intérêts étrangers qui défendent farouchement leurs privilèges économiques. 

Les autorités maliennes de la Transition, déterminées à lutter contre la corruption et à réaffirmer la souveraineté du pays, ont renforcé leur vigilance vis-à-vis des pratiques économiques des entreprises étrangères. L’arrestation récente de trois cadres de Resolute à Bamako en est une illustration. Ces individus, soupçonnés d’implication dans une affaire de faux présumés et d’atteinte aux biens publics, ont été conduits devant le pôle spécialisé dans la lutte contre la corruption et la délinquance économique. 

Ces actions sont emblématiques de la volonté du Mali de reprendre le contrôle de ses ressources minières. En tant que l’un des principaux producteurs d’or en Afrique, le Mali dispose d’un potentiel considérable, longtemps exploité à des conditions largement favorables aux multinationales. Resolute, qui détient une mine d’or à Syama, dans le sud-ouest du Mali, est l’actionnaire majoritaire avec 80 % des parts, contre 20 % pour l’État malien. Ce déséquilibre illustre le peu de bénéfices que le pays tire de ses propres richesses. 

Les multinationales minières, soutenues par des puissances occidentales, cherchent souvent à sécuriser des accords avantageux qui minimisent les taxes, maximisent les profits et minimisent les responsabilités locales. Mais ce modèle d’exploitation est de plus en plus contesté par les populations et les dirigeants africains, notamment au Mali, où la prise de conscience est forte que l’indépendance politique n’aura de sens que si elle s’accompagne d’une indépendance économique réelle. 

En s’attaquant aux pratiques douteuses de certaines entreprises minières, le Mali envoie un message fort : celui d’un pays résolu à défendre ses intérêts et à rompre avec les pratiques héritées du néocolonialisme économique. Cette dynamique pourrait inspirer d’autres nations africaines, encouragées à revoir leurs politiques pour que leurs ressources servent avant tout les intérêts nationaux. 

Le contrôle accru des autorités maliennes sur le secteur minier reflète un engagement à long terme : celui de mettre fin à l’impunité des multinationales qui, sous couvert de développement, continuent de drainer des ressources sans laisser de bénéfices réels pour la population. La souveraineté africaine, plus que jamais, passe par une réappropriation de ses ressources naturelles, dans une démarche de justice économique, pour bâtir un avenir réellement indépendant et prospère pour ses populations. 

3. Le nationalisme Burkinabé : un rempart contre les tentatives de déstabilisation 

Le Burkina Faso se dresse aujourd’hui avec fierté et détermination face aux tentatives de déstabilisation qui visent à compromettre son indépendance et son intégrité. Dans un contexte de montée en puissance du nationalisme burkinabé, les forces de défense et de sécurité ont récemment déjoué une tentative de subversion impliquant une somme considérable de 5 milliards de francs CFA, orchestrée par un individu mal intentionné. 

L’affaire a pris un tournant il y a quelques jours lorsqu’un individu a approché des soldats burkinabés pour leur proposer un contrat visant à des actions de déstabilisation. Sous les ordres de leurs supérieurs, les soldats ont décidé de feindre l’acceptation de l’offre afin de mettre en place une opération d’infiltration. Le vendredi 8 novembre 2024, l’instigateur a été piégé lors de la remise de plusieurs valises pleines de billets, pensant finaliser son accord. Cette opération a permis de neutraliser la menace et de confisquer les fonds, désormais en attente d’investigations pour établir leur provenance exacte. 

L’intervention réussie des forces de sécurité a été rapportée lors du journal télévisé de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) le 9 novembre, exposant au grand jour les preuves de la subversion déjouée. Les images d’un pick-up chargé de valises contenant les billets saisis montrent à quel point cette tentative était audacieuse et sérieusement organisée. Cependant, l’identité du suspect reste confidentielle, afin de ne pas compromettre les enquêtes en cours. 

Cette affaire n’est pas un incident isolé. Fin septembre dernier, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a révélé que d’autres tentatives de déstabilisation avaient été détectées, impliquant civils et militaires, y compris des personnalités influentes comme l’ancien président de transition, Paul Henri Sandaogo Damiba. Ces manœuvres visaient ouvertement à prendre le contrôle du palais présidentiel à Ouagadougou, témoignant de la gravité des menaces auxquelles le gouvernement burkinabè est confronté. 

Les pressions croissantes sur le Burkina Faso révèlent l’urgence et la force du nationalisme burkinabè. Depuis que le pays a choisi de s’affranchir des influences extérieures et de prendre en main son propre destin, les tentatives de déstabilisation se multiplient, révélant les enjeux politiques et stratégiques autour de cette souveraineté affirmée. Chaque tentative de subversion déjouée renforce la cohésion nationale et galvanise l’esprit patriotique des Burkinabés, qui se reconnaissent dans un projet de nation solide et unie face aux ingérences extérieures. 

Alors que la somme confisquée a été remise au Trésor public, cette opération marque un pas supplémentaire vers la consolidation de l’autonomie et de la sécurité du Burkina Faso. Cette détermination à préserver sa souveraineté contre les tentatives de déstabilisation incarne le nationalisme burkinabè, un mouvement qui ne cesse de gagner en vigueur et en pertinence dans un contexte régional et mondial où l’affirmation de l’indépendance devient une question de survie pour les États africains. Le Burkina Faso envoie ainsi un message fort : malgré les défis, sa volonté de bâtir un avenir stable et autonome reste inébranlable. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV