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Zoom Afrique du 23 mars 2024

Zoom Afrique du 23 mars 2024

Les titres de la rédaction :

  • La BAD et le Mozambique renforcent leur partenariat pour stimuler le développement des infrastructures régionales et le commerce
  • Kenya : le gouvernement révise à la hausse ses prévisions de croissance pour 2024, à 6,3%
  • Ouganda : Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni, prend les rênes de l’armée
  • Echanges commerciaux intra-UEMOA : la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Togo engrangent le plus de bénéfices (rapport)

 

Les analyses de la rédaction :

1. Niger: les USA poussés vers la porte de sortie 

L’armée nigérienne a annoncé avoir saisi un important matériel de guerre et plusieurs documents américains, lors d’un contrôle routier effectué lundi dans l’ouest du Niger, près de la frontière avec le Burkina Faso.

« Dans le secteur de Téra, au cours des diverses opérations de routine, les forces de défense et de sécurité ont intercepté un camion suspect en partance vers la Côte d’Ivoire, à bord duquel était embarqué, dissimulé sous des vivres, un véritable arsenal de guerre », a rapporté le bulletin des opérations hebdomadaires des Forces armées nigériennes (FAN) diffusé à la télévision publique mercredi soir.

« Après l’interpellation du chauffeur et du convoyeur dudit camion, une fouille appliquée a permis de saisir plus de 1140 munitions de calibres variés, 28 douilles de 7,62 mm et des projectiles », a ajouté la même source.

L’armée indique aussi avoir saisi des cartes des localités du sud-ouest du Niger, ainsi que plusieurs matériels américains dont deux drapeaux, un passeport, un permis de conduire et des cartes bancaires appartenant à deux personnes de nationalité américaine.

Une enquête a été ouverte par les services compétents « afin d’éclaircir la situation et de situer les responsabilités ».

L’annonce de cette saisie intervient dans un contexte marqué par des relations diplomatiques tendues entre le Niger et les États-Unis d’Amérique.

Dans un communiqué publié lundi, le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) a annoncé la fin de l’accord militaire entre le Niger et les États-Unis.

Les autorités nigériennes accusent Washington de « dénier » au Niger le droit de choisir ses partenaires dans les domaines diplomatique, stratégique et sécuritaire.

De son côté les USA, annoncent n’avoir reçu aucun ordre de départ.

Comme à leur habitude les USA commencent un nouveau jeu diplomatique et politique afin de mettre des pressions sur le Niger.

La réaction très vive de la gouvernance du Niger, qui fait suite à la visite d’une délégation US, visite imposée par la partie US en dehors de toutes les normes diplomatiques, témoigne de l’actuel état d’esprit d’une majorité de pays africains.

 

2. Burkina Faso : cette réforme majeure changera toute la donne, le pays profitera enfin de ses richesses

Le secteur minier, notamment les recettes de l’or, pèse lourd dans l’économie du Burkina Faso : 14% du PIB et 79% des exportations. Mais le pays pourrait profiter encore plus de ses richesses pour amorcer son développement et bâtir un avenir à ses enfants. Une des voies est la réforme du Code minier, le gouvernement l’a actée le 20 mars 2024… Le texte actuellement en vigueur prévoit une participation gratuite de 10% de l’État dans les mines industrielles, pas plus. Ce n’est pas avec ça que les autorités burkinabées auront les moyens de leurs ambitions. Le 19 décembre dernier, on vous parlait d’une mine d’or qui produit 11,35 tonnes par an, mais dont 90% appartiennent au Canada. C’est ce genre d’anomalie (elle n’est pas propre au Burkina Faso, beaucoup de pays africains sont plombés par les mêmes néo-coloniales) que le dernier Conseil ministériel a décidé de corriger. Le projet de loi proposant la révision du Code minier sera transmis au Parlement prochainement. La mesure phare de ce texte est la hausse de la participation de l’État dans les mines industrielles, 15% minimum. Ce n’est pas tout, le texte prévoit aussi l’installation d’une réserve nationale d’or qui sera alimentée par les compagnies minières. Par ailleurs il est prévu de transformer le Fonds minier de développement local en Fonds minier de développement. Le but est de donner à l’organisme la possibilité de financer des programmes de développement nationaux, communaux, mais également le combat contre le terrorisme. Pour le gouvernement cette batterie de mesures vise à « mieux encadrer le secteur minier et générer davantage de recettes au profit de l’État ». Le projet de révision du Code minier datant de 2015 est sur la table moins d’un an après le vote d’une loi modificative en juillet 2023. Le principal changement est le financement du Fonds de soutien patriotique, un dispositif d’appui des actions contre les groupes djihadistes installé par la junte militaire. La révision du Code minier est une urgence pour doper le secteur après la diminution de la production d’or en 2022 et la fermeture de la plus grosse mine de zinc du pays. Le gouvernement a entamé en 2023 la construction de la première raffinerie d’or du Burkina Faso et a inauguré en 2024 une première usine de résidus miniers plus un centre de traitement du minerai d’or dédié aux mineurs artisanaux. Il est question d’accroître la place de l’or et du secteur minier en général dans l’économie nationale et le Burkina Faso en a les moyens, il ne manquait que la volonté politique…

 

3. Mali : pourquoi les mines d’or ne sont pas touchées par la crise électrique qui frappe le pays ?

Les compagnies minières opérant au Mali échappent à l’actuelle crise de l’électricité, car elles ne dépendent pas du réseau d’électricité national. Selon les informations collectées par l’Agence Ecofin, les mines d’or disposent en effet de centrales électriques autonomes installées sur les sites.

Historiquement, les mines d’or du Mali sont en majorité alimentées par des centrales thermiques fonctionnant au diesel. Cependant, ces dernières années, les compagnies minières opérant au Mali, comme dans d’autres pays africains, intègrent un peu plus le renouvelable dans leur mix énergétique. C’est le cas du deuxième producteur mondial d’or, Barrick Gold, qui exploite Loulo-Gounkoto, la plus grande mine d’or du pays. La compagnie minière canadienne dispose en effet d’une centrale solaire de 60 mégawatts qui peut représenter jusqu’à 85 % du mix énergétique de la mine.

Barrick n’est pas la seule compagnie à exploiter le potentiel du Mali pour la production d’énergie solaire. Début 2021, une autre compagnie canadienne, B2Gold, a mis en service une nouvelle centrale solaire de 30 mégawatts-crête à la mine d’or Fekola, la deuxième plus grande du pays. En 2022, l’installation a permis une réduction d’environ 38 000 tonnes des émissions de gaz à effet de serre à la mine.

Pour rappel, le Mali est le troisième producteur africain d’or, derrière le Ghana et l’Afrique du Sud.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV