TV
Infos   /   Afrique   /   Zoom Afrique   /   L’INFO EN CONTINU

Zoom Afrique du 9 mai 2023

Zoom Afrique du 9 mai 2023

Les titres de la rédaction :

  • La mise en place de la Zlecaf pourrait permettre une hausse de 53 % les échanges commerciaux intra-africains
  • Le Zimbabwe lance une monnaie numérique adossée à l’or pour réduire la volatilité de sa monnaie fiduciaire
  • La Société tanzanienne de pêche veut augmenter de 30 % ses expéditions de poissons d’ici 2028
  • South African Airways (SAA) veut augmenter sa flotte de 6 avions avant fin 2023

Les analyses de la rédaction :

Burkina : l’armée gagne du terrain ! 

On en parle pas beaucoup dans les médias mainstream, mais l’armée nationale burkinabé continue d’avancer dans sa lutte contre le terrorisme. 

Les Forces combattantes ont infligé ces derniers jours, des pertes aux terroristes dans plusieurs localités dont les régions du Centre-nord et du Centre-est, a appris l’AIB ce lundi 8 mai 2023, auprès de sources sécuritaires. 
Selon l’AIB, entre le samedi 6 et le dimanche 7 mai 2023, les vecteurs aériens de l’armée ont envoyé une salve de frappes sur deux citernes détournées par un groupe de terroristes dans leur base, la forêt de Kankanmogré (région du Centre-est). Les puissantes déflagrations ont consumé toute la base. 

Dans la même région, une cinquantaine de terroristes venus voler du bétail dans la zone de Yaktibo ont été repérés puis neutralisés dans des frappes, ajoute l’Agence. 

Au Centre-nord, renchérit l’AIB, c’est une centaine de terroristes en position d’attaque, qui a été foudroyée par les vecteurs aériens qui suivaient leurs mouvements. Ces derniers s’étaient réfugiés sous de grands arbres pour s’abriter de la pluie, au niveau de la zone de Minima, près de Bourzanga et de Kongoussi. 

À en croire les sources de l’AIB, de nombreuses autres frappes aériennes ont eu lieu dans plusieurs zones et des combats au sol ont opposé les forces du mal aux unités combattantes, permettant ainsi de neutraliser un nombre important de terroristes. 

Par ailleurs, les autorités militaires invitent les égarés ayant rejoint les groupes armés terroristes, à sauver leurs vies en déposant les armes, souligne l’Agence d’information du Burkina. 

L’APA veut redonner sa place à l’Afrique !

La semaine dernière, le Togo a réuni une dizaine de délégations à Lomé pour lancer l’Alliance politique africaine (APA), un mouvement panafricaniste qui veut redonner toute sa place à l’Afrique. 

Le timing est assez cocasse : alors que l’on apprend que président français Emmanuel Macron recevra le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, le 10 mai à Paris, le Togo est à l’initiative de l’Alliance politique africaine (APA), dont l’un des objectifs est de faire en sorte que l’Afrique « se comporte comme une entité souveraine ». L’APA a tenu sa toute première conférence ministérielle le 3 mai dernier à Lomé. Des ministres des Affaires étrangères et des chefs de délégations de dix pays du continent africain se sont donné rendez-vous. 

Lors de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, avait appelé « à plus d’égalité, de respect, d’équité et de justice » pour l’Afrique. Dussey a réussi à convaincre les chefs d’État des pays de toutes les régions africaines à se joindre à son initiative : Angola, Burkina Faso, Centrafrique, Gabon, Guinée, Libye, Mali, Namibie ou encore Tanzanie. 

Il est frappant de voir le Burkina Faso et le Mali, boudés par les institutions sous-régionales et continentales, rejoindre l’APA, qui a des allures de Mouvement des non-alignés, version africaine. Dussey a déploré « la part faite à l’Afrique dans la marche du monde » qui est, selon lui, « difficile, mais aussi inacceptable ». 

Le ministre togolais des Affaires étrangères s’émeut que l’Afrique représente 28 % des États membres des Nations unies et soit, à ce point, prise de haut. Le continent, dit-il, doit s’imposer « comme un pôle géopolitique non négligeable du monde ». 

Quel devenir pour le panafricanisme ? 

« L’Afrique doit se comporter comme une entité souveraine. Sa représentativité dans la gouvernance mondiale est de participer en tant qu’ensemble continental décomplexé, à la marche du monde. C’est dans cette dynamique que le Togo, avec des pays frères, est en train de lancer l’idée de l’Alliance politique africaine (APA) ». 

Pour le moment, donc, il s’agit d’une simple « idée ». Que sera alors l’APA ? Une organisation continentale dissidente à l’Union africaine ? Une organisation politique ou un simple think tank ? Le ministre togolais des Affaires étrangères la présente officiellement comme « une initiative qui permette à chacun de réfléchir sur le devenir de l’Afrique ». 

Mais le message est clair : réfléchir au « devenir du panafricanisme », mais également à la menace terrorisme et à « la défense des intérêts communs des Africains ». « C’est une alliance pour une Afrique forte et décomplexée, pour une Afrique qui parle d’elle-même sur la scène internationale et pour la défense et la promotion des positions communes africaines. C’est enfin une participation équitable de l’Afrique à la gouvernance mondiale », selon Robert Dussey. 

La Première ministre togolaise, Victoire Tomegah-Dogbe, y voit, elle, un « cadre de coopération interafricaine, entre États membres, en bonne intelligence avec les organisations, les initiatives sous régionales existantes et l’Union africaine ». Elle imagine en effet « un club de puissances géopolitique et économique » pour l’Afrique, qui lui permettrait d’« assurer ses responsabilités régionales et globales » tout en « dépassant les questions de non-alignement ». 

Mali : la Minusma doit plier bagage !

Le futur de la mission des Nations unies au Mali (MINUSMA) paraît plus que jamais incertain. Ce 29 avril, des centaines de personnes l’ont fait savoir lors d’un rassemblement au palais de la culture de Bamako pour réclamer le départ de la mission onusienne du Mali. « À bas la Minusma », « Minusma dehors », « libérez notre patrie », ce sont les slogans des manifestants. Pour eux, la mission de l’ONU est avant tout douteuse.  

Des voix s’élèvent pour demander le départ de la MINUSMA, beaucoup de Maliens estiment que cette force de l’ONU est spécialisée dans la manipulation, la division, le manque de courtoisie et les graves accusations en matière de droits de l’homme. 

Du point de vue du gouvernement de transition, le rôle de la MINUSMA devrait être revu, car jusqu’à présent la mission n’a pas apporté une contribution notable à la stabilisation de la situation sécuritaire dans le pays. Surtout que les Forces armées maliennes (FAMA) montent en puissance depuis des mois. Cette montée se traduit par des résultats successifs contre les groupes terroristes. 

Cependant, de nombreux Maliens, dont Salif Keita, remettent en question l’efficacité de la MINUSMA et affirment qu’elle n’a pas réussi à résoudre les problèmes de sécurité du pays. En outre, il y a des préoccupations quant aux violations des droits de l’homme commises par les forces de maintien de la paix elles-mêmes, y compris des allégations d’abus sexuels et de violences contre les civils. 

Salif Keita est un musicien malien renommé dans le monde entier pour sa voix puissante et sa capacité à fusionner les genres musicaux traditionnels africains avec des éléments de pop, de jazz et de blues. Mais récemment, le chanteur est devenu une voix controversée dans le débat sur la présence de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans le pays.  

Dans une récente interview, Salif Keita a critiqué la MINUSMA, la qualifiant de « médiocre » et affirmant qu’elle n’a pas réussi à protéger les Maliens contre les attaques terroristes et les violences. Il a également déclaré que la MINUSMA devrait être remplacée par une force de maintien de la paix composée uniquement de soldats africains, car ils sont mieux à même de comprendre la culture et les besoins locaux.  

Cependant, il est important de noter que les critiques de Salif Keita sont partagées par de nombreux Maliens qui estiment que la MINUSMA n’a pas réussi à répondre efficacement aux défis de sécurité du pays. Ils affirment également que la présence de forces étrangères au Mali peut parfois aggraver la situation en alimentant la résistance et l’hostilité envers les forces de maintien de la paix. 

En fin de compte, la question de la présence de la MINUSMA au Mali continue à alimenter les débats et il est important que les opinions et les préoccupations des Maliens soient prises en compte dans tout débat sur la sécurité et la stabilité du pays. La musique de Salif Keita a toujours été un appel à l’unité et à la paix en Afrique, et ses commentaires soulignent l’importance de trouver des solutions pacifiques et durables aux conflits. 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV