Le Pakistan et la Russie ont signé un accord prévoyant la construction d’un gazoduc de plus de 1 000 kilomètres qui reliera Karachi (sud du Pakistan) à Phool Nagar (nord-est).
Au sommaire :
1- L’Europe impuissante sans les USA ?
L’Europe n’est pas si impuissante sans les États-Unis (Foreign Policy)
Si les États-Unis cessaient de défendre leurs alliés les plus proches, ce ne serait pas une catastrophe. Ce serait précisément ce qu’il leur faut.
Certains sont d’avis que l’Europe ne peut pas se défendre sans les États-Unis, mais c’est complètement faux. Comme l’affirme Stephen Walt dans un article pour la revue américaine Foreign Policy, la sécurité des pays européens en grande partie ne dépend que d’eux-mêmes.
Certains pensent que les pays européens seraient menacés si le contingent américain se retirait d’Europe. La seule menace réelle, écrit l’auteur, est un affrontement militaire avec la Russie, mais même là l’Europe pourrait se passer des Américains.
D’après Stephen Walt, la puissance des armées européennes suffirait pour faire face à la Russie si cette dernière attaquait, par exemple, les pays baltes. Et voici ses arguments : la population de l’Europe est trois fois plus grande qu’en Russie, la durée de vie y est supérieure et le PIB total des pays de l’OTAN est, lui aussi, supérieur au russe. Tout cela, en plus des dépenses militaires, permet de supposer qu’en cas de conflit armé l’Europe pourrait à elle seule faire face à la Russie.
Un autre argument de la politique antiaméricaine indiqué par l’auteur concerne les armements conventionnels produits en Europe. Il est persuadé que les avions militaires, les chars, les navires et les sous-marins dans l’arsenal des armées européennes sont supérieurs à l’armement russe, et que l’armée russe est une « ombre pâle » de la Soviétique, qui était capable d’envoyer de nombreuses divisions sur l’axe européen.
En même temps, l’auteur appelle l’Europe à ne pas se reposer sur ses lauriers et à ne pas passer d’un extrême à l’autre. Selon lui, bien que l’Europe soit capable de faire face à la Russie, il ne faut pas renoncer à une aide quand elle est proposée. Stephen Walt prône le retrait des Américains d’Europe, mais un retrait progressif.
Pour conclure, l’auteur déclare que l’Europe n’est pas si impuissante sans les États-Unis, mais il ne faut pas rompre les liens avec les Américains. L’Europe doit assumer le fardeau principal pour maintenir la paix dans sa région, sans diminuer pour autant le rôle des États-Unis dans la protection des valeurs occidentales et de la démocratie.
2- Gaz : le coup russe au Pakistan
Les parties russe et pakistanaise ont signé un accord prévoyant la construction d’un gazoduc de plus de 1 000 kilomètres qui reliera Karachi (sud du Pakistan) à Phool Nagar (nord-est).
La Russie et le Pakistan ont signé un accord portant sur la construction du gazoduc Pakistan Stream, a annoncé ce vendredi 28 mai le ministère russe de l’Énergie.
« La signature de ce document permettra à nos entreprises d’entamer prochainement la réalisation du projet, qui aidera la partie pakistanaise à renforcer sa sécurité énergétique et à accroître l’utilisation du gaz naturel, source d’énergie écologique », déclare le ministre de l’Énergie Nikolaï Choulginov dans un communiqué publié à l’occasion.
Initialement appelé Nord-Sud dans un document signé en 2015, le gazoduc en question a été rebaptisé Pakistan Stream en 2021. D’une longueur de 1 100 kilomètres, la canalisation reliera un terminal se trouvant dans la ville portuaire de Karachi dans le sud du Pakistan à la ville de Phool Nagar située dans le nord-est du pays.
Jusqu’à 12,4 milliards de mètres cubes de combustible bleu pourront transiter par le gazoduc chaque année. Les entreprises russes détiendront au moins 26 % des parts du projet conjoint. Côté pakistanais, les travaux seront assurés par le groupe Inter State Gas Systems.
Les USA renoncent aux sanctions contre Nord Stream 2
L’annonce intervient alors que Moscou espère bientôt finaliser la construction du gazoduc Nord Stream 2 qui devra acheminer du gaz russe en Europe en passant par le fond de la mer Baltique.
Plus tôt dans la semaine, les États-Unis avaient annoncé qu’ils renonçaient à imposer des sanctions contre la principale société participant à la construction du Nord Stream 2 entre l’Allemagne et la Russie.
Source : Sputnik
3- Vraie-fausse révolte anti OTAN de Jupiter
On aimerait vraiment que la France de Macron soit sincère quand elle dit non merci aux dépenses supplémentaires au sein l’OTAN, mais le problème est que la facture française s’est nettement alourdie si on tient compte de tous les déploiements de la marine française en ce moment : mer Rouge, mer Noire, mer de Chine... sur cette base le non de Macron paraît quelque peu hypocrite. En effet, une proposition de réforme du budget de l’OTAN pour lutter contre l’influence chinoise ou le changement climatique se heurte à une forte résistance de la France, qui craint que cela n’affecte ses propres priorités en matière de défense, a-t-on appris auprès de quatre diplomates et du ministère français des Armées.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a proposé en février que les alliés augmentent de manière « substantielle » leur contribution aux budgets communs de l’Alliance, plutôt que de laisser aux États dans lesquels se déroulent des manœuvres militaires le soin de payer la facture.
Cette initiative vise notamment à apaiser les tensions avec les États-Unis, qui se plaignent depuis longtemps que leurs alliés européens ne contribuent pas assez à leur propre sécurité, dit-on de sources diplomatiques.
Un accord sur le sujet lors du prochain sommet de l’OTAN, le 14 juin à Bruxelles, constituerait un important symbole d’unité après le tumulte des années Trump et la déclaration d’Emmanuel Macron selon laquelle l’Alliance était en état de « mort cérébrale » faute de stratégie claire, ont estimé deux des diplomates interrogés par Reuters.
Mais la France, soutenue par d’autres pays, considère que cette proposition - chiffrée de sources diplomatiques à 20 milliards d’euros sur dix ans - n’est pas de nature à renforcer l’autonomie européenne en matière de défense ni à bénéficier aux opérations considérées prioritaires par Paris, comme l’intervention au Sahel.
« Si l’idée est d’augmenter brutalement la contribution des États aux budgets communs et de changer la philosophie de l’OTAN en passant de la responsabilité nationale à la dilution de responsabilité, la réponse de la France sera clairement “non” », souligne-t-on au ministère des Armées.
La France se dit disposée à écouter les arguments des tenants du projet, et à en connaître les détails, mais elle n’acceptera pas une réforme qui fragiliserait les défenses nationales, autant que l’autonomie stratégique européenne.
« Pour nous, ce n’est pas un sujet “OTAN contre l’Europe”, mais “OTAN contre les défenses nationales” », insiste-t-on au ministère des Armées.
Source : Reuters