Le secrétaire général de l’ONU a lancé mardi un cri d’alarme sur la situation au Yémen, appelant la communauté internationale à financer l’aide humanitaire dans ce pays en guerre afin de mettre un terme à la plus grande crise alimentaire au monde.
Quelque 19 millions de personnes, soit environ deux tiers de la population yéménite, ont un besoin urgent d’aide humanitaire, selon l’ONU. Quelque 17 millions souffrent de la faim dans ce pays, ce qui en fait la plus grande crise alimentaire au monde. Le sort des enfants est des plus sombres : un enfant de moins de 5 ans meurt au Yémen toutes les 10 minutes de causes évitables.
Le Yémen est presque entièrement dépendant des importations, dont une grande partie arrive par le port d’al-Hudaydah. Les Nations unies ont appelé la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite à ne pas bombarder ce port stratégique.
Mardi, Amnesty International a averti qu’une offensive militaire contre cette cité « causerait des destructions bien au-delà d’al-Hudaydah, car la ville est un point d’accès crucial pour l’aide humanitaire internationale qui sauve des vies » au Yémen.
Sept organisations humanitaires ont aussi mis en garde contre l’effet « catastrophique » d’une éventuelle attaque contre la ville.
Mardi, les participants à une réunion des donateurs sur le Yémen au siège de l’ONU de Genève ont promis 1,1 milliard de dollars d’aide humanitaire pour 2017. Avant la conférence, cet appel de fonds était financé à hauteur de 15 %.
Alors que le pays connaît une grave crise humanitaire, une nouvelle série de pourparlers de paix entre les parties belligérantes au Yémen pourrait débuter d’ici fin mai, a déclaré mercredi le médiateur de l’ONU.
La veille, de jeunes Yéménites engagés dans une « marche pour le pain » sont arrivés à al-Hudaydah, important port sur la mer Rouge qu’ils veulent voir préservé de la campagne de bombardement de l’Arabie saoudite et déclaré zone humanitaire.
Selon l’ONU, plus de 12 000 personnes ont été tuées et plus de 40 000 blessées lors de cette campagne. Environ trois millions de personnes — plus de 11 % de la population du Yémen — ont été obligées de fuir leur foyer pour se mettre en sécurité.
Les États-Unis et le Royaume-Uni ont été lourdement critiqués pour leur soutien à la coalition de Riyad. La Croix-Rouge avertit que si une solution au conflit n’est pas trouvée, le Yémen pourrait se retrouver face à une pénurie alimentaire dans les quatre mois à venir. C’est un résultat direct de l’ingérence armée de l’Arabie saoudite dans les affaires intérieures du Yémen.
Arnaud Develay, analyste politique, et Catherine Shakdam, experte des questions politiques, s’expriment sur le sujet.