Un simple citoyen, Syrien d'origine et Suisse d'adoption, a fait un commentaire sur l'une des infos que nous avons publiées sur notre site internet sous le titre : "Amnesty Internationale épingle l'Arabie". Y réagissant, il a écrit une lettre ouverte à cette instance, que nous vous proposons ci-dessous, avec quelques modifications de style et corrections orthographiques. Dans cette lettre, il répond à ceux qui accuse le président syrien, Bachar al-Assad, d'avoir fait souffrir son peuple.
Messieurs d'Amnesty International,
Je suis un simple citoyen, Syrien d’origine et Suisse d’adoption, depuis quelques décennies.
J’apprécie et je respecte vos efforts en faveur des démunis, des handicapés, des persécutés et de ceux qui souffrent, tant que le but est d’aider les malheureux, mais dès que la politique prend le dessus sur l’humain, les objectifs que vous visez en pâtissent :
Ce préambule est pour vous dire que distribuer des coupons de versement sous deux titres : « Pourquoi cet homme impose de telles souffrances à son peuple » (au dessus de la photo du président Assad appelé ironiquement ‘cet homme’) et « La vie n’est plus vie en Syrie » parce que vos appellations sont irrecevables, récusables et erronées. A son tour, le citoyen syrien vous propose de lire les constatations et les précisions suivantes :
1. « Pourquoi cet homme impose de telles souffrances à son peuple ? »
Connaissez-vous le nombre des victimes des explosions d’aujourd’hui 23/05/2016 ?
Depuis des années, la Syrie est envahie par 250.000 terroristes provenant de 84 pays.
L’armée syrienne se bat vaillamment et tient tête à ces fous takfiristes.
Quel est le pays qui permettrait une telle invasion, sans réagir pour l’anéantir ?
Le chef de l’Etat a le devoir de défendre son peuple, sinon il est un lâche et un poltron !
Cet homme lutte contre l’insurrection armée - que certains prétendent modérée ! - et il livre une bataille à « la terreur du monde » : Da’ech, al-Nosra et leurs frères et sœurs.
Ce n’est donc pas le président Assad qui impose les souffrances à son peuple.
C’est plutôt les Turco-Saoudiens, leurs frères et surtout leur grand frère qui financent, arment et entraînent les terroristes qui massacrent les soldats en hurlant : « Allahu Akbar !... »
Avant 2011, pas un Syrien fuyant Assad n’a été englouti en mer, devant Lampedusa ou les îles grecques… Les réfugiés fuient le sabre aiguisé des terroristes !
Qui est derrière ce drame des réfugiés, n’est-ce pas le chantage turc face à l’Europe ?
Avant 2011, la Syrie n’a jamais vu un homme de Dieu kidnappé, décapité ou humilié.
Pas un chrétien n’a été égorgé parce que chrétien, avant cette invasion. Ce sont les terroristes wahhabites de Da’ech, al-Nosra et leurs frères qui en sont la cause.
Le crime de Merah, l’attentat de Charlie Hebdo et le massacre du Bataclan ne sont pas restés impunis. La France a déclaré l’état d’urgence pour exterminer les criminels.
Pourquoi la Syrie ne peut faire autant, suite aux explosions au centre de Damas ?
Le devoir sacré du président d’un Etat souverain est de défendre son pays. Pourquoi dites-vous que « son Président impose des souffrances à son peuple » ?
Lors des élections de 2014, le candidat Assad a été plébiscité, demandez à Beyrouth…
Aux élections parlementaires, les convictions politiques du Président ont été honorées.
Pour libérer la France, les bombardements des Alliés ont tué des milliers de civils et détruit des dizaines de bourgs. Mais la France n’a jamais demandé des indemnisations. Bien au contraire, chaque année elle organise de grandes manifestations, en entonnant la Marseillaise haut et fort, pour remercier l’Amérique.
2.- « La vie n’est plus la vie en Syrie. »
Avant l’insurrection, tous les citoyens mangeaient à leur faim, ils avaient l’électricité, l’eau, le téléphone et l’ordinateur. Ils pouvaient même étudier à l’université et se faire soigner dans les hôpitaux gratuitement, durant la présidence d'Assad.
Il était interdit au Syrien de mendier : le ministère des Affaires sociales s’en chargeait. Il lui était interdit de faire le domestique : il pouvait trouver un emploi, même peu rémunéré, ou s’engager dans la police ou l’armée.
Le boycott économique de la Syrie, décidé par l’Occident et respecté par leurs frères et leurs satellites, a créé la misère dans la classe moyenne, alors que les plus aisés trouvent toujours de quoi assaisonner leurs banquets de caviar et de quoi les arroser de champagne !
Au cours de la première décennie de ce siècle, la Syrie se forgeait une place au soleil : elle s’était ouverte au monde et avait noué des relations correctes ou amicales avec les pays avoisinants… Son président avait même confié à la Turquie - son principal agresseur actuel - la délicate charge de discuter la paix avec Israël, qui occupe encore aujourd’hui le Golan.
Le récit réel des événements de la Syrie pèsent lourd sur tous les Syriens et les traumatise, car ils souffrent de la manipulation hypocrite et cynique des médias de masse, orchestrée par l’OSDH de Rami Abdul-Rahman de Londres, puis reprise par la presse docile par copier-coller, que le citoyen engloutit nonchalamment : il n’a pas le temps de lire ce qu’on lui interdit de lire ! Cette manipulation rappelle celui qui a inopinément menti (puis s’en est repenti) et détruit l’Irak, grâce à une démonstration ridicule de l'existence d’armes de destruction massive en pleine session de l’ONU.
Depuis des années, les Etats du golfe Persique insistent pour qu'Assad quitte le pouvoir, que la Syrie soit modelée sur leur démocratie, que la justice du sabre de la bandière saoudite soit imposée et que la femme porte le niqab, alors que la Syrie l’avait interdit, avant même que certains pays d’Europe ne le fassent.
Le peuple a élu M. Assad comme président, dans le contexte présidentiel républicain. L’Etat Syrien, ses députés et son peuple sont tous responsables de la politique de la Syrie, depuis qu’ils ont confié les rênes du pouvoir à Bachar al-Assad pour parler en leur nom.
Messieurs d'Amnesty International, si vous souhaitez que la Syrie soit assujettie aux diktats des terroristes, soyez sûrs et certains que peu de citoyens syriens vous assisteront dans votre tâche qui, hélas, se politise. Si par contre vous demeurez dans le sillage humain, ils seront les premiers à souscrire à vos pétitions pour le bien-être de l’homme libre des diktats.
Merci de poursuivre votre tâche dans l’humanitaire, mais surtout ne vous laissez pas politiser par les intérêts de certains, car la politique est inhumaine et votre point fort est l’humanitaire.
Théophilos Jacob, un simple citoyen, Syrien d’origine et Suisse d’adoption