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Les journalistes dans la ligne de feu sur la déclaration des attaques terroristes

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Les journalistes travaillent au cours d'un sommet européen au siège de l'UE à Bruxelles, le 19 février 2016. ©AFP

Deux controverses autour des attaques de Bruxelles ont montré encore une fois la mince ligne les médias doivent marcher entre devoir d’informer rapidement et respect des enquêtes de police.

Juste deux jours avant que les djihadistes aient frappé la capitale belge mardi, la police avait critiqué « l'irresponsabilité d'une certaine sortie », qui avait diffusé des informations « beaucoup trop tôt » concernant le suspect fugitif des attentats de Paris, Salah Abdeslam, « nous causant ainsi des problèmes ».

Quelques heures avant l’arrestation d’Abdeslam vendredi, après quatre mois de cavale, l'hebdomadaire français L'Obs a révélé que ses empreintes digitales avaient été trouvées dans un appartement près de Bruxelles.

La Police, qui était sur les lieux pour arrêter Abdeslam, avait trouvé le van de diffusion d'une chaîne de télévision en langue flamande garée à quelques mètres de sa cachette.

Puis le mercredi, deux sites d'information belges ont dû retirer des rapports affirmant qu'un troisième suspect non encore identifié, impliqué dans les attentats aéroport de Bruxelles avait été arrêté.

Cela a incité le correspondant vétéran de la BBC pour l’Europe, Chris Morris à tweeter : « le rapport de ce matin est un cas d’école montrant pourquoi tout le monde devrait faire attention lorsqu’ils citent des sources anonymes de seconde main. »

Le Ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve a averti mercredi que « les médias ont besoin d'être prudents pour éviter de mettre des informations qui ne sont pas exactes et pourrait être exploitées » à des fins malveillantes.

Sur le terrain, les journalistes confrontés à un déluge de matériel souvent invérifié, provenant des médias sociaux ainsi que des sources traditionnelles, en arrivent à se demander s’ils seront accusés de mettre en danger non seulement des enquêtes, mais aussi des vies humaines

Pour Jean-Michel Decugis, de la chaîne française d’information en continu iTele, il y a des moments où les journalistes doivent tuer leurs propres histoires.

« Je demande toujours si l'information que j'ai entravera la police. S'ils me disent que ce sera le cas, je m’abstiens presque toujours de la diffuser," a-t-il dit.

Mais cette auto-censure au nom de la sécurité publique a été prise à l'extrême en Turquie, estiment les journalistes locaux.

« Ces mesures de censure sont toujours disproportionnées et toujours très vagues » comme celles imposées après l’attaque de samedi à Istanbul, a déclaré Johann Bihr de Reporters sans frontières.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV