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OTAN israélienne : trois semaines après en avoir annoncé la naissance, Abdallah l’enterre

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le roi Abdallah II de Jordanie, lors d'une interview. (Archives)

Affirmant que tous les pays veulent de bonnes relations avec l’Iran, le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré que ces relations devraient être fondées sur le respect mutuel du principe de bon voisinage et de la souveraineté.

Évoquant la proximité d’Amman avec la Palestine, le roi Abdallah II a dit lors d’une interview avec le journal Al-Rai, qu’il n’accepterait pas la marginalisation de la Palestine.

Il a souligné que la Jordanie a toujours soutenu l’Oumma islamique, ses causes et continuera à faire de même, appelant à la création des opportunités régionales centrées sur l’avenir de la Palestine.

Plus loin dans son interview, il a déclaré que la Jordanie avait une vision économique globale et ne tarderait pas à la mettre en œuvre. Selon lui, les réformes économiques nécessitent seulement deux années d’effort tandis que les réformes administratives sont plus importantes.

« L’autonomisation économique des Palestiniens ne remplace pas une solution politique, et le processus politique entre les Palestiniens et les Israéliens doit reprendre », a ajouté le roi de Jordanie avant de souligner que son pays rejette la tension dans la région et que tous les pays veulent de bonnes relations avec Téhéran basées sur les principes de respect mutuel de bon voisinage et de la souveraineté, mais aussi la non-ingérence.

Prônant la négociation en tant que le meilleur moyen de résoudre les différends, le roi Abdallah II a noté que son pays avait toujours voulu renforcer le travail conjoint et qu’il souhaitait toujours coopérer avec la coalition de la nation arabe et servir ses intérêts. Et lui d’affirmer qu’Amman est en tête dans la lutte contre les menaces terroristes et sécuritaires des pays arabes.

De même, le Premier ministre jordanien, Bisher al-Khasawneh, a annoncé dans une interview à la chaîne de télévision BBC arabe que son pays cherchait des relations saines avec Téhéran, et qu’Amman n’avait jamais considéré l’Iran comme une menace pour sa sécurité nationale.

Jordanie : il est temps que la crise s’apaise au Moyen-Orient

Plus tôt, le roi Abdallah II de Jordanie avait dénoncé la tentative de former ce qu’il appelait l’OTAN arabe, la considérant comme trop conforme aux intérêts des États-Unis et du régime sioniste. Peu après, le ministre jordanien des Affaires étrangères a clairement déclaré que son pays ne ferait partie d’aucune coalition contre l’Iran.

Les propos font suite à une folle campagne médiatique autour de la tournée de Biden et les prétentions sur la formation d’une alliance régionale israélo-arabe pour affronter l’Iran. Or, la visite du président du « pays le plus puissant du monde » s’est soldée par un échec retentissant. Mais pourquoi ? Une étude israélienne revient sur la question.

L’avidité d’Israël d’enregistrer une victoire dans sa campagne de guerre dans la guerre contre l’axe de la Résistance était prématurée, car les pays du golfe Persique ont rejeté l’idée d’une « alliance défensive » avec Israël sans compter l’échec de la normalisation des relations entre Riyad et Tel-Aviv.

D’ailleurs, Téhéran et les pays du golfe Persique sont sur la voie d’un réchauffement des relations, pas d’une escalade, ce qui pourrait capoter à jamais l’espoir d’Israël d’être reconnu au Moyen-Orient, ainsi que l’idée de formation d’une « OTAN israélienne » au Moyen-Orient.

Selon un rapport israélien écrit par Tamir Hayman, l’ancien chef de la division du renseignement militaire du régime israélien, la question de prendre des mesures défensives pour contrer la puissance des frappes aériennes de l’Iran a échoué.

Reconnaissant que la mise en garde iranienne contre les États du golfe Persique avait porté ses fruits, il a évoqué le récent avertissement du conseiller principal du Leader de RII, Ali-Akbar Velayati, selon lequel plus les États du golfe Persique se rapprochent d’Israël, plus ils s’éloignent de l’Iran.

En outre il a souligné les propos du commandant en chef de la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) qui avait mis en garde les pays visions du golfe Persique de ne pas établir de relations avec le régime sioniste, car ce faisant, ils compromettraient la sécurité de la région.

« Alors que l’adhésion d’Israël au Commandement central américain (CENTCOM) en septembre pourrait constituer un tournant important dans l’intégration d’Israël dans la région [compte tenu des échecs consécutifs d’Israël à se faire reconnaître dans la région et de son bilan sombre, NDLR], la mesure du CENTCOM visant à placer Israël au centre de l’attention peut nuire à sa propre liberté d’action dans la région », a-t-il poursuivi.

Le rapport pointe, comme un autre échec israélien, les efforts desserrés des États-Unis à soutenir Israël, la Jordanie, l’Égypte, l’Irak et les membres du Conseil de coopération du golfe Persique (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Oman, Qatar et Koweït) pour former une défense aérienne et antimissile conjointe contre l’Iran.

Alors que Biden était en tournée au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis ont déclaré qu’ils ne soutenaient aucune coalition contre aucun pays de la région et certainement pas contre l’Iran, mais qu’ils essaient de poursuivre leur dialogue avec l’Iran comme en témoigne les tentatives de nommer un ambassadeur émirati à Téhéran.

En outre, lors de sa rencontre avec le président américain, le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu’aucun dialogue sur la coopération militaire et technique entre l’Arabie saoudite et Israël n’avait été évoqué.

Les avertissements des autorités iraniennes aux pays du golfe Persique ont fait dérailler « l’OTAN israélienne » au Moyen-Orient. D’une part, les pays du golfe Persique sont conscients des capacités de missiles et de drones de l’Iran et de sa capacité de dissuasion, et d’autre part, ils ne sont pas convaincus qu’Israël puisse assurer leur sécurité. Mais ce n’est pas tout. 

Israël a reconnu à plusieurs reprises ses nombreuses lacunes dans les domaines militaire et politique, et n’a donc d’autre choix que de poursuivre ses relations en coulisses avec certains pays du golfe Persique au lieu d’être un acteur actif dans la région.

L’étude israélienne ajoute : « Les solutions proposées pour faire face à la supériorité de l’Iran dans la région peuvent pousser l’Iran à répondre par des menaces agressives, d’autant plus que ce pays bénéficie d’une importante capacité militaire. »

Et l’auteur de conclure : « À la fin du voyage de Biden dans la région, il vaut mieux revenir aux anciennes méthodes de travail, en se concentrant sur le développement d’intérêts communs entre Israël et les pays de la région. »

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV