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E-Press du 17 novembre 2021

E-Press du 17 novembre 2021

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Au sommaire

1- Europe : vers une indépendance militaire ? 

Selon un document confidentiel de 28 pages, l'UE prévoit de créer une force de réaction rapide de 5 000 hommes d'ici 2025, qui fonctionnera sans l'aide des États-Unis.

Cette force sera composée d'unités terrestres, maritimes, aériennes et des forces des pays membres, en fonction de chaque crise et mission spécifique, de manière tournante (sélective).

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'UE se sont réunis lundi soir à Bruxelles pour discuter de la formation d'une force appelée "Force de réaction rapide de l'UE". Le texte de l'accord sur ce projet devrait être finalisé en mars prochain.

La France et l'Italie, les deux grandes puissances militaires de l'UE, ont salué le projet d'accord. La position du prochain gouvernement allemand devrait être plus critique.

"Ce projet poursuit des objectifs ambitieux et en même temps des plans pratiques très clairs. Dans l'ensemble, l'équilibre est bon", a déclaré la ministre française des Armées, Florence Parly, lors d'une conférence de presse.

Le ministre italien de la Défense Lorenzo Gerini a également déclaré que la force compléterait l'OTAN et renforcerait la coopération avec les États-Unis.

L'idée de créer une force européenne de 50 000 à 60 000 personnes a été proposée pour la première fois il y a environ deux décennies. Les divergences de vues entre les pays membres ont retardé sa réalisation.

Le projet, rédigé par le chef de la politique étrangère de l'UE, Joseph Borrell, est la première étape pratique vers la création d'une force européenne indépendante qui ne repose pas sur les capacités et le soutien militaires américains.

"Nous avons besoin de plus de vitesse, d'action et de flexibilité pour gérer diverses crises militaires. Nous devons être capables de réagir rapidement face aux menaces graves ou aux situations critiques, telles que les opérations de sauvetage et d'évacuation ou la stabilisation dans des zones critiques."

Bien que tous les États membres de l'UE ne soient pas tenus de participer à la Force, le plan doit être approuvé par les 27 États membres.

Source : Al Alam

 

2- Russie : le coup fourré allemand 

L'Allemagne suspend temporairement la procédure de certification du gazoduc Nord Stream 2

Le processus de certification du gazoduc Nord Stream 2 a été suspendu jusqu'à ce que sa société d'exploitation organise un statut d'entreprise conforme à la législation nationale.

Le consortium a fait savoir qu'il se plierait à cette demande. L'Agence fédérale des réseaux a annoncé dans un communiqué publié ce 16 novembre la suspension temporaire de la procédure d'approbation de Nord Steam 2, évoquant un obstacle juridique. La certification de Nord Stream 2, qui est l'une des ultimes étapes avant sa mise en service, « n'est possible que si l'opérateur est organisé sous une forme juridique de droit allemand », écrit l'autorité dans un communiqué.

De son côté, le consortium Nord Stream 2 AG a, par voie de communiqué, affirmé qu'il se plierait aux lois en vigueur. « Nous ne sommes pas en position de commenter les détails de la procédure, sa durée et les impacts possibles sur le délai de mise en route des opérations du gazoduc », précise encore le groupe.

Début octobre, l'opérateur du gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne, qui pourra transporter 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, avait annoncé que le remplissage avait débuté. Cette nouvelle étape majeure survenait après que la construction du gazoduc censé acheminer du gaz russe vers l'Europe avait été retardée du fait des tensions diplomatiques entre Washington et Moscou.

Exploité par le géant russe Gazprom, le projet a été cofinancé par un consortium composé de cinq groupes énergétiques européens, dont le Français Engie. La Russie avait annoncé début septembre l'achèvement du pipeline long de 1 230 kilomètres dont le coût total est estimé à 10 milliards d'euros. Il permettra de doubler le volume de livraisons de gaz russe vers l'Allemagne. La mise en service intervient à un moment où les prix du gaz en Europe ont atteint des niveaux records, provoquant de nombreux remous politiques à travers le continent. LIRE AUSSI Vladimir Poutine estime que l'Europe est seule responsable de la crise des prix du gaz.

Source : RT France

 

3- Le coup cosmique russe 

Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2021, le satellite militaire russe non-opérationnel Kosmos-1408, d’un poids de 2200 kg et en orbite basse (entre 645 et 675 km d’altitude) depuis le 16 septembre 1982 a subitement disparu. Ce satellite déclassé spécialisé ELINT (renseignement électronique) de l’ère soviétique a probablement été détruit en orbite.

Le commandement des forces spatiales des États-Unis a promptement accusé Moscou d’avoir procédé à un essai d’une arme antisatellite “ascensionnelle”, comme le Nudol (A-235) avant de condamner la mise en danger des astronautes de la NASA (National Aeronautics and Space Administration), un astronaute allemand de l’ESA (European Space Agency) et les cosmonautes russes de ROSCOSMOS se trouvant à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).

Le 15 novembre 2021, la station de contrôle de l’ISS à Houston au Texas avisa l’équipage embarqué de la station qu’une zone de débris a été générée près d’une portion de la trajectoire orbitale de l’ISS. Les astronautes et les cosmonautes ont été instruits de se mettre à l’abri : les Américains et l’Allemand à bord d’une capsule SpaceX (Dragon) et les Russes avec un Américain à bord d’un module Soyouz, tous deux rattachés à la Station. L’ISS traverse le champ de débris toutes les 90 minutes.

Aucune information n’a filtré jusqu’ici sur la réaction chinoise et les mesures prises pour la protection des Taïkonautes actuellement à bord de la Station spatiale chinoise, face au risque des débris orbitaux.

Les milliers de débris générés par la destruction d’un objet spatial demeurent une redoutable menace, même fragmentés en une nébuleuse de petits objets dont le poids ne dépasse guère quelques grammes. Un objet d’à peine quelques grammes lancé à une vitesse de 26 000 km/heure est un projectile dont l’impact peut être plus dévastateur qu’un obus d’artillerie lourde de gros calibre tiré à bout portant et à très courte portée sur terre.

Impact d’un objet en plastique d’un poids de 14 grammes lancé à une vitesse initiale de 24 000 km/heure sur un blindage en aluminium.

Mais était-ce une arme antisatellite balistique ? Rien n’est moins sûr. En dépit de l’engagement de tous les pays disposant d’un programme spatial avancé à œuvrer pour la non-militarisation de l’espace extra-atmosphérique, la panoplie des armes antisatellite ne cesse de croître depuis les années 2010 et elles sont loin de se limiter à des ASAT ou à des vecteurs ascensionnels lancés à partir du sol ou d’un aéronef volant en stratosphère. La panoplie actuelle inclut des satellites tueurs de satellite, des vecteurs à impulsion EM (électromagnétique), de nouveaux types de laser, des techniques de sabotage mécaniques et chimiques ainsi que des vecteurs balistiques embarqués en orbite.

Les débris humains en orbite existent depuis 1957, date du lancement du Spoutnik, premier satellite inaugural de l’ère spatiale. Depuis lors, le nombre de débris ne cesse d’augmenter, mettant en danger les activités humaines en orbite et en endommageant parfois des dispositifs. Les boucliers de l’ISS peuvent supporter les impacts d’objets jusqu’à un 10 mm de diamètre mais ne peuvent garantir une sécurité optimale. Toutes les stations orbitales, du SkyLab à l’ISS, en passant par MIR, ont subi des dommages mineurs causés par des débris en orbite.

Nota : le ministre russe de la Défense a officiellement reconnu, le 16 novembre 2021, l’essai d’une arme antisatellite au potentiel prometteur contre un satellite non opérationnel (Tselina-D/Kosmos 1408).

Le Département d’État US condamné un acte irresponsable et risqué de la Russie remettant en cause l’usage pacifique de l’espace extra-atmosphérique. Pour rappel, les États-Unis disposent d’une branche des forces armées spécialement dédiée à l’espace et ce pays est considéré comme l’un des plus avancés dans la militarisation de l’espace aux côtés de la Chine et de la Russie.


4- Le feu en mer Noire !

Les opérations actuelles des États-Unis et de l’OTAN dans la région de la mer Noire font l’objet de nombreuses spéculations. 
Si nous additionnons toutes les forces des États-Unis et de l’OTAN impliquées dans cette opération, elles sont loin de correspondre à ce qui serait nécessaire pour une attaque contre la Russie. Ainsi, en termes purement militaires, il ne s’agit que d’un théâtre de Kabuki, et non d’une menace réelle pour la Russie.

Le public visé est la population ukrainienne à qui est envoyé le « message » suivant : « Nous sommes là, nous sommes invincibles, nous assurons vos arrières, et si vous vous retrouvez dans un conflit/guerre ouvert avec la Russie, nous vous protégerons ». Bien entendu, un tel engagement n’est pas formellement pris, mais seulement implicite. C’est l’exacte répétition de ce qui s’est passé le 08.08.08.

Dans le même temps, le bellicisme hystérique des médias ukrainiens explose, ces gens envisagent maintenant sérieusement non seulement de « libérer » le Donbass et de mettre une raclée à l’armée russe, mais certains veulent même « libérer » une partie du territoire russe. Ces idiots attendent en fait avec impatience une guerre contre la Russie ! 

Ensuite, nous devons toujours garder à l’esprit le fait crucial suivant : les États-Unis n’ont pas ce qu’il faut pour attaquer la Russie. En termes purement conventionnels (non nucléaires), les États-Unis et l’OTAN ne disposent pas des effectifs nécessaires en Europe pour mener une attaque avec semi-succès contre la Russie. Par exemple, si un destroyer américain lance ses (vieux et lents) Tomahawks vers la Russie ou les forces russes, ce lancement sera instantanément détecté et des missiles hypersoniques (ou, alternativement, des torpilles sous-marines) atteindront les navires de l’US Navy [USN] avant même que les Tomahawks ne s’approchent de leurs cibles".

Source : http://thesaker.is par The Saker.

 

5- France se dote de capacités à l'EMP

La France se dote d’une capacité spatiale de renseignement électromagnétique unique en Europe

Entré en phase de réalisation en 2015, après avoir été confié à Airbus Defence & Space, en co-maîtrise d’œuvre avec Thales, le programme CERES [CapacitÉ de Renseignement Électromagnétique Spatiale] aurait dû se concrétiser en 2020, avec la mise en orbite simultanée de trois satellites d’écoutes électromagnétiques [ROEM].

Seulement, la Direction du renseignement militaire [DRM], chargée d’exploiter les données collectées par ces engins, a dû patienter un peu et se contenter des informations fournies par les satellites ELISA [Electronic Intelligence Satellite], lancés en 2011. La cause ? « Une anomalie sur un boîtier, qui a nécessité une reprise totale du matériel », avait expliqué Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’une audition parlementaire, en 2019.

C’est donc avec deux ans de retard qu’une fusée Vega a décollé du Centre spatial guyanais [CSG], ce 16 novembre, avec les trois engins du programme CERES à son bord, afin de les placer sur une orbite basse. Et cela, alors que la Station spatiale internationale [ISS] vient d’être mise en danger par des débris générés par la destruction d’un vieux satellite de renseignement électronique soviétique [Cosmos-1408, ndlr] par une arme antisatellite russe.

En tout cas, ce lancement a été un succès. Et il a été salué par Mme Parly, qui a adressé ses « félicitations aux équipes étatiques et industrielles » impliquées dans ce programme. « CERES est un moyen innovant de renseignement qui contribue au renforcement de nos capacités spatiales de défense, déterminantes pour notre souveraineté et notre indépendance stratégique », a-t-elle rappelé. Et de souligner que « quelques semaines après le succès du lancement du satellite militaire Syracuse, la France confirme sa puissance dans le domaine spatial, en alliant des technologies et des ressources que peu de pays au monde maitrisent ».

D’une masse au lancement de 1548 kg, le système CERES va donc collecter des données permettant de localiser et de caractériser les émetteurs [radar, télécommunications,etc.], qu’ils soient sur terre ou en mer, après avoir détecté les signaux émis. Pour cela, les trois satellites qui le composent vont être positionnés « en triangle », à environ 700 km d’altitude.

« Quand un radar émet un signal, chacun des satellites reçoit ce signal à un instant légèrement différent. C’est en croisant les informations recueillies par chacun et comparant l’heure de réception d’un même signal que l’on peut ainsi situer l’emplacement de l’émetteur : en comparant l’heure de réception du signal par deux satellites, la localisation de l’émetteur est imprécise, car elle est matérialisée par une ellipse sur la Terre. En faisant l’exercice pour chaque ‘paire’ de satellites [satellite 1/satellite 2 – satellite 1/satellite 3 – satellite 2/satellite 3], on aboutit à une localisation très précise. D’où la nécessité de disposer de trois satellites travaillant conjointement », avait ainsi expliqué un responsable de la Direction générale de l’armement [DGA], lors du lancement du programme CERES.

Aucune zone du monde n’échappera à ces trois satellites. Les données qu’ils collecteront serviront à préciser les caractéristiques des radars adverses afin d’être en mesure, le cas échéant, de les « brouiller ». Ou encore de les empêcher « de repérer l’un de nos aéronefs ou missiles, en les faisant évoluer hors des couvertures radar adverses », avait également précisé la DGA.

Mais pas seulement… En effet, le programme CERES permettra aussi d’analyser les différents types d’émissions, de déterminer l’architecture de systèmes en réseau et de suivre leurs évolutions techniques, et donc, leurs performances. Et tout cela en fait un système « unique en Europe », souligne le ministère des Armées, pour qui le développement de ce système et sa mise en orbite constituent une « prouesse que peu de nations au monde maîtrisent ».

D’un coût d’environ 450 millions d’euros, le programme CERES est le fruit de plusieurs années de recherches en la matière, la France ayant commencé à se doter d’une capacité de renseignement électromagnétique depuis l’espace en 1995, avec le satellite « CERISE » [Caractérisation de l’Environnement Radioélectrique par un Instrument Spatial Embarqué] qui, pour l’anecdote, fut le premier de l’histoire à avoir été endommagé par un débris spatial. Puis celui-ci fut suivi par le satellite « Clémentine », puis ceux des constellations ESSAIM et ELISA.

Dans le détail, Airbus Defence & Space a assumé la responsabilité de l’intégration des satellites – fournis par Thales Alenia Space – et du système tandis que Thales DMS s’est occupé de la charge utile et du segment sol utilisateurs. Enfin, Arianespace a donc assuré le lancement. Le Centre national des études spatiales [CNES] est aussi impliqué dans ce programme, en tant que maître d’ouvrage délégué pour le développement du segment sol de contrôle et les services de lancement.

Désormais, les trois satellites CERES vont être pris en charge par le Commandement de l’Espace [CDE] et la DRM, celle-ci devant s’occuper de la mise en oeuvre de leurs capteurs.

Source : Opex.360

 

 

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV