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Zoom Afrique du 15 novembre 2021

RCA: la Minusca tiendra-t-elle le coup?

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En Centrafrique, le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies a été renouvelé pour 1 an, et ce malgré les nombreuses manifestations de la population réclamant le départ des troupes de l'ONU. La Minusca reste, mais dans un contexte électrique !

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Analyses de la rédaction :

1. Mali: pourquoi la CEDEAO ou l'UA n'envoient pas de troupes militaires au Sahel ?

Au Mali, au lieu d’adopter un régime de sanction unilatérale sous le modèle américain, pourquoi la CEDEAO et l’UA ne participent-ils pas au processus de sécurisation des pays du Sahel?

En déplacement à Moscou, le ministre malien des Affaires étrangères s’est penché dans un entretien sur la coopération avec la Russie, qui a été "un des premiers à assister le Mali dans divers domaines et pas seulement militaire".

Outre le fait que beaucoup de personnel militaire a été formé en Russie, Abdoulaye Diop a fait remarquer que "des entreprises et sociétés d’État ont été installées dans le domaine du coton, dans le domaine agricole, dans le domaine pharmaceutique - donc nous avons déjà une relation très diversifiée".

Par conséquent, "la Russie est un partenaire stratégique sur lequel nous pouvons compter", met en valeur M.Diop.

La France continue de montrer son mécontentement, mais la Russie a balayé les préoccupations françaises quant à un possible partenariat de sécurité entre le Mali et la société privée russe Wagner, soulignant qu’il appartenait aux seules autorités de Bamako de décider de leur stratégie dans la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel.

Et c’est ce que Bamako fait, malgré les bâtons que la CEDEAO tente de lui mettre dans les roues.

Pour utiliser le régime de sanction sous le modèle américain ces organes sont bel et bien présents, mais quand il s’agit de la sécurité de la population africaine, ils répondent absents.

En février 2020, l’UA était censé envoyer 3.000 soldats pour lutter contre les groupes terroristes au Sahel, mais au jour d’aujourd’hui, il n’y a rien à l’horizon. Une réunion des chefs d'état-major de la CEDEAO est prévue courant novembre à Abidjan pour examiner ce déploiement encore incertain, alors que la situation dans la région est de plus en plus critique.

La menace terroriste au Sahel ne cesse de prendre de l’ampleur, et au lieu d’apporter une contribution les organes montrent une fois de plus qu’elles suivent la route imposée par les États occidentaux.

Le Mali ne peut et ne doit que compter sur lui-même et sur les partenariats gagnant-gagnant avec notamment son voisin algérien, ou encore la Russie et l’Iran. Mais la force du Mali, reste tout de même la population, car c’est elle qui a le destin du pays entre ses mains. 

 

2. Burkina: les multinationales en lien direct avec les terroristes ?

Au Burkina Faso, 20 morts dans une attaque, dont 19 gendarmes et un civil, c’est le bilan encore provisoire d’une attaque dans la province du Soum, dans le nord du pays, dimanche 14 novembre. Des hommes armés ont pris d’assaut, tôt ce matin-là, le détachement de la gendarmerie. Il s'agit de l’une des attaques les plus meurtrières subies par les forces de défense et de sécurité depuis le début des attaques dans le pays.

« Des chiffres toujours difficiles à accepter lorsque nous avons des victimes depuis que nous sommes dans cette situation de guerre », déclare Ousséni Tamboura, le porte-parole du gouvernement, en annonçant la nouvelle de l'attaque. Elle a eu lieu sur l’ancienne mine d’Inata. Des hommes armés venus sur des motos et des véhicules pick-up, selon des sources sécuritaires, ont attaqué le détachement de la gendarmerie autour de 5 h. Et il y a eu des combats. « Nous avons subi une attaque lâche et barbare, mais les hommes ont résisté avec bravoure face à l’ennemi », soutient Maxime Koné, le ministre de la Sécurité.

L’armée de l'Air a été mise à contribution dans la reconquête du site attaqué. Une source sécuritaire fait savoir que les hommes qui ont mené l’attaque étaient sur place dès 3 h et y sont restés jusqu’à 6 h. Des recherches sont en cours afin de retrouver d’éventuels survivants, car plusieurs gendarmes manquent à l’appel. La zone où s’est déroulée l’attaque est assez vaste, selon les autorités. « Depuis que nous sommes dans cette guerre. Nous continuons à subir des attaques injustes qui nous font perdre des hommes », s’est indigné le porte-parole du gouvernement.

Vendredi 12 novembre, sept policiers avaient perdu la vie lors d'une attaque dans la même région.

Ce qui nous a tout de même paru troublant, c’est que ces dernières années, il y a énormément de polémique concernant une société d’exploitation minière justement à Inata, au point que les autorités burkinabés ont retiré le permis d’exploitation industrielle de grande mine d’or de la société des mines de Belahourou, une société anglaise. Dans le courant du mois d'octobre, le Conseil des ministres du gouvernement du Burkina Faso, lors de sa réunion du mercredi 13 octobre 2021, a décidé de retirer le permis d’exploitation industrielle d’une grande mine d’or à la Société des Mines de Belahourou (SMB) SA. Les raisons avancées seraient la défaillance et le défaut de RWAL UK vis-à-vis de ses créanciers, les ex-travailleurs de la SMB et de l’État burkinabè. Mais cela fait depuis 2016 que cette société éprouverait des difficultés au niveau de ses caisses. La société en question avance le contexte sécuritaire dégradant selon elle pour justifier les trous dans ses caisses. Selon certaines sources au sein de la population, d'autres multinationales sont également présentes dans les alentours, et jamais aucune n'a fait mention d'un problème sécuritaire quelconque. D'ailleurs, les multinationales ne sont jamais touchées par le terrorisme. On se demande si cette société n’a pas un lien direct avec le financement des groupes terroristes, et maintenant elle s’est vue retirer son permis d’exploitation et les attaques terroristes apparaissent en guise de représailles ? De plus, Inata se trouve également proche de la frontière de la fameuse zone des trois frontières où sont basées les terroristes et Barkhane. Une affaire qu’il faudrait suivre de très près.

 

3. RCA: la Minusca cherche la guerre contre les Centrafricains ?

En Centrafrique, la mission de l’ONU est dans le collimateur de la population.

En Centrafrique, le 10 novembre 2021 le Porte-parole de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nation-Unies pour la stabilisation en Centrafrique, Vladimir Monteiro a tenu une conférence de presse hebdomadaire où il a indiqué que le Conseil de sécurité des Nation-Unies finalise actuellement les consultations sur le renouvellement du mandat de la MINUSCA.

« Après son approbation, la teneur du nouveau mandat sera présentée aux autorités et à la population centrafricaine, pour expliquer les tâches assignées à la MINUSCA et renforcer les relations de confiance avec toutes les parties, y compris les citoyens centrafricains », a fait savoir Vladimir Monteiro.

Les Centrafricains ne croient plus en aucune relation de confiance avec la mission de l’ONU. Récemment, tout le pays s’est mobilisé en organisant de nombreuses manifestations et en signant des pétitions pour que la MINUSCA quitte le territoire centrafricain. Cependant, une fois de plus, la MINUSCA n’a pas pris en compte le désir du peuple, ayant l’intention de rester dans le pays avec son mandat, pour lequel elle reçoit un bon financement, tout en restant inefficace et indifférente.

Au cours des années de présence de la MINUSCA en République centrafricaine, la population locale a été considérablement affectée par les actions des Casques bleus. De nombreux crimes de la Mission onusienne sur le territoire centrafricain, dont le viol, le meurtre de civils, les accidents mortels, la coopération avec les rebelles, et même l’éventuelle part à des affrontements sur le côté des éléments rebelles, font la mission de paix très impopulaire parmi la population locale.

Les récents cas d’exactions des Casques bleus ont été la dernière goutte de patience des Centrafricains. Ainsi, en août 2021, une tragédie terrible s’est produite: les Casques bleus sont devenus les auteurs d’un accident mortel. Pour disperser la foule qui s'était rassemblée, les Casques bleus ont commencé à tirer au hasard et l’une des balles a tué la petite Kaltouma Djouma âgée de 12 ans.

Encore une jeune fille, Lumière Joie de Sagesse, a perdu sa vie le lundi 1er novembre dernier, quand le véhicule du contingent égyptien de la MINUSCA a tenté de franchir le périmètre de sécurité de la résidence de la présidentielle, pour prendre des photos, ce qui a provoqué une réaction immédiate de la garde du Président, car cela est interdit par la loi. Pour échapper à la poursuite, le bus de la mission onusienne s’est précipité pour s’échapper de la scène du crime et a renversé Lumière à pleine vitesse.

Entre autres choses, dernièrement le contingent portugais de la MINUSCA fait l’objet d’une grave accusation de contrebande de diamant en Centrafrique. La police judiciaire a déclaré dans un communiqué avoir effectué une dizaine d’arrestations et une centaine de perquisitions dans plusieurs régions du Portugal, dans le cadre d’une enquête visant « un réseau criminel ayant des liaisons internationales qui tirait de revenus illicites de la contrebande de diamants et du trafic de drogues ».

Après tout ce qui précède, le souhait des Centrafricains que la MINUSCA quitte le territoire de leur pays ne semble pas surprenant. Dans le même temps, la MINUSCA ne reconnaît jamais la culpabilité et la responsabilité de ses actes criminels. Après l’annonce du renouvellement du mandat de la Minusca, une grande manifestation a de nouveau eu lieu devant le siège de la Minusca. Les Centrafricains descendent dans la rue, jour après jour, pour le dire clairement et à voix haute. Aujourd’hui, le 12 novembre 2021, encore une manifestation s’est déroulée près de la base de la mission onusienne.

Les manifestants portaient des pancartes « MINUSCA MEURTRIER », et ont même apporté un cercueil, qui symbolisait toutes les victimes décédées à cause des Casques bleus de la MINUSCA sur le territoire centrafricain.

La Minusca reste, certes, mais ce ne sera plus seulement les FACA et alliés qui les tiendront à l’œil et on se demande si la Minusca tiendra-t-elle le coup cette année ?

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SOURCE: FRENCH PRESS TV